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La rue Jules… histoire d’une atmosphère

Ce récit n’est en aucun cas une autobiographie, même s’il est émaillé de loin en loin de souvenirs personnels.

Il se veut évocateur d’une « atmosphère » celle du quartier de mon enfance et surtout de « ma rue Jules Moulet » entre les années 1950 et 1970.

Je n’y étais pas retournée depuis plus de dix ans, depuis le grand départ de maman.

Le destin, le hasard, un fil de vie, peu importe, m’a fait un jour rencontrer sur un Salon du Bien-Etre Giuseppe, le coiffeur énergéticien au rasoir salvateur….

Après bien des procrastinations, j’ai enfin pris rendez-vous, il y a quelques semaines, pour tenter de sauver ce qui peut l’être d’une chevelure quelque peu anémiée.

Seulement voilà ! Giuseppe exerce son art au 63 de la rue Jules…. juste en face de la maison qui a abrité mon enfance et mon adolescence !

J’y ai vu l’occasion d’un retour aux sources et d’un voyage souvenir, même si je n’habite qu’à 25 Km de là.

J’étais partie bien en avance, avec l’arrière pensée d’une immersion dans mes souvenirs. Au fur et à mesure que j’approchais, des images s’imposaient à moi. En arrivant devant le 66 je fus submergée par le flot des émotions et des souvenirs qui s’entrechoquaient.

Comme toujours chez moi, les émotions passent par l’écriture. Alors il m’est apparu comme une évidence que je me devais de raconter la rue Jules telle que je l’avais aimée et, le temps passant, idéalisée.

– le 66 –

Le 66 n’est pas le nom d’une boîte de nuit. C’est le numéro précis de la maison qui a abrité mon enfance.

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Au rez-de-chaussée, ouvrant sur la rue, deux portes cochères encadrent la porte d’entrée. A cette époque, celle de droite abrite Monsieur et Madame GRANGE et leur fils Roger.

Celle de gauche, donnant sur la rue derrière de grandes portes vitrées était leur maroquinerie ! ils travaillent le cuir et les grosses machines ne cessent de m’impressionner. Papa m’a expliqué un jour qu’il s’agissait là d’anciennes écuries (de l’époque où les automobiles n’existaient pas) et que le premier étage servait à entreposer le foin… Mais ça c’est une autre histoire !

Sur la porte d’entrée du 66, une plaque brille, régulièrement entretenue : ni un médecin ni un avocat… Il y a écrit « Emile BONNET – Comptable agréé », autrement dit papa.

Nous habitions au-dessus des GRANGE. Au-dessus du garage vivaient nos voisins de palier, tata AUBERT, son mari Victor et leur fille adulte, Paule.

Leur appartement était plus grand que le nôtre, puisqu’il traversait la maison de part en part, donnant sur des arrière-cours.

Le nôtre s’arrêtait au niveau du couloir et dans l’autre moitié vivaient les SOTTILE, Antoinette et Gigi. Il était maçon, et elle aidait maman à tenir la maison.

Nous étions les seuls à cet étage à avoir des WC personnels (ouf !) les autres locataires devaient aller dans le couloir dans des WC communs. La configuration était d’ailleurs la même au deuxième.

Lorsque nous avions une visite, une sonnette résonnait dans notre entrée (qui était aussi le bureau de papa), et nous sortions dans le couloir tirer sur une sorte d’espagnolette reliée à un filin, ledit filin étant relié à la lourde porte dont il déclenchait l’ouverture en tirant sur le penne. Toute une aventure.

A part le bureau précité, nous avions une cuisine, et une grande pièce qui servait de salle à manger. Dans un angle, un cosy me servait de chambre. Au fond de la Salle à manger une alcôve, la chambre de mes parents.

Au second, au dessus de nous, Madame MURENA, une dame plus âgée que mes parents, qui a longtemps tenu le petit kiosque à journaux en bas du boulevard Notre-Dame.

A son décès, bien plus tard, un poète (Christian Gabrielle Guez-Ricord) habitera là jusqu’en 1988. Une plaque souvenir du poète a remplacé la plaque de papa.

Au-dessus d’Antoinette vivait Mademoiselle MOLLARET, vieille fille célibataire. Et au-dessus des AUBERT la famille IMBERT, Monsieur et Madame et leurs deux enfants Rolland et Geneviève. Rolland avait environ 15 ans de plus que moi; il était handicapé et ne sortait de son antre que deux ou trois fois par an pour des visites médicales. Il avait un pied-bot et surtout un caractère renfermé qui le rendait mystérieux, voire inquiétant ! Geneviève fut ma copine d’enfance. Nous jouions à la balle en bas de l’escalier, sur une surface de 2 mètres carrés.

C’est en bas de l’escalier également qu’il y avait un petit local dans lequel Tata Aubert entreposait le charbon nécessaire à sa cuisinière, qu’elle remontait chaque jour dans un grand seau. Les autres locataires avaient des cuisinières à Gaz.

Nous faisions notre toilette à tour de rôle dans la cuisine, « à la pile » (l’évier en pierre de cassis). Enfant j’avais une bassine qui permettait à maman de me savonner puis de me rincer à l’eau tiède d’une casserole.

Pour la lessive, nous avions la lessiveuse. Il fallait savonner le linge au préalable, faire chauffer de l’eau dans la grande lessiveuse en acier galvanisé dont la partie centrale fonctionnait comme les cafetières à l’italienne. Une fois le linge bien lavé dans la lessiveuse il fallait le rincer, ce qui n’était pas chose aisée dans l’évier. Puis nous l’étendions sur les cordes à linge coulissantes, sous les fenêtres, dans la rue. S’il n’était pas assez essoré, les passants se prenaient des gouttes sur la tête.

Quelquefois la corde sortait de son roulement, et il fallait sortir le plus possible le haut du corps par la fenêtre pour la remettre en place. Une deuxième personne tenait la première pour lui éviter de se défenestrer !!! c’était un peu rock’n roll mais le système fonctionnait.

Nous essorions la salade dans de grands torchons que nous agitions par la fenêtre également, en surveillant que personne ne passe au mauvais moment.

Voilà. Le décor est planté de ce microcosme…. Si je l’ai fait, c’est que toutes les maisons de la rue fonctionnaient un peu sur le même modèle et le même mode de vie.

Le facteur passait le matin, à pieds avec sa grande et lourde besace en bandoulière.

Passait aussi le camion des « Glacières de Paris » déposer à la demande des gros blocs de glace découpés à la demande. Il fallait vite descendre les récupérer dans une bassine, sinon ils fondaient peu à peu sur le trottoir. A la maison, nous les déposions dans une glacière, ancêtre du réfrigérateur : meuble en deux parties. La partie du haut recevait le gros morceau de glace qui était changé tous les trois ou quatre jours. La partie du bas permettait de conserver au froid des aliments.

Le camion poubelle passait également. Nous descendions nos poubelles que les éboueurs vidaient manuellement dans le grand camion aux odeurs insoutenables qui laissait plusieurs minutes ses effluves derrière lui.


Je me souviens de la vieille fleuriste vêtue de noir, un peu crade, qui ne devait pas porter de sous-vêtement. De temps en temps elle faisait une halte, un pied sur le trottoir l’autre dans le caniveau, et lorsqu’elle repartait une flaque explicite racontait ses urgences !

Le vitrier déambulait, des vitres de différentes dimensions sur un grand portant qu’il portait à la façon d’une hotte, dans son dos; les carreaux étaient fins à l’époque et il n’était pas rare qu’un coup léger les brise. Il découpait une vitre à la bonne mesure (rien n’était vraiment calibré à l’époque). Je me souviens que pour changer la vitre cassée il fallait nettoyer les éclats de verre, enlever les petites pointes qui l’avaient retenue, insérer la vitre neuve, l’entourer de mastic bien propre des deux côtés en n’omettant pas de remettre des pointes. Je suppose que cela existe toujours dans les maisons plus anciennes. Ma mémoire est déformée par les revêtements modernes et les verres triple épaisseur dont nous nous équipons aujourd’hui.

Nous avions trois fenêtres donnant sur la rue. Mon QG était celle de la cuisine.

De nos fenêtres donc, nous apercevions en face, la petite porte de la Bibliothèque OCB (Office Central des Bibliothèques) qui ouvrait quelques heures par semaine.

Une fois la porte franchie, un escalier descendait vers un local situé en rez-de-jardin et dédié à des centaines de livres qui ont nourri ma soif de lecture des années durant. C’est sciemment que j’utilise le terme de rez-de-jardin puisque les fenêtres de la bibliothèque ouvraient sur un grand jardin que je voyais également de ma fenêtre et dont les locataires de la grande maison, dans le fond, profitaient. Cette grande maison bourgeoise de six étages avait son entrée principale dans le Boulevard Notre-Dame, mieux côté que la rue Jules.

Un immense marronnier plus que centenaire, montait jusqu’au dernier étage, faisant le bonheur d’un couple d’écureuils que nous apercevions de temps en temps. On se croyait à la campagne, et en même temps, apercevoir derrière les fenêtres, là bas au fond, des personnages qui s’agitaient, sortaient dans le jardin, éclairaient, éteignaient…. sans que leur intimité n’en souffre de quelque manière que ce soit, c’était un peu comme regarder dans un livre d’images.

A côté de la porte OCB, une autre porte, guère plus grande, que je n’avais jamais spécialement observé. Elle était je crois l’issue arrière de dépendances appartenant aux immeubles du Boulevard. elle était au 63. J’ai franchi cette porte récemment puisque c’est celle du cabinet de coiffure de Giuseppe, qui lui aussi donne sur le jardin.

Toutes les 15 minutes, un boucan d’enfer faisait trembler les vitres de nos fenêtres et de celles des proches voisins !

C’était celui de « l’ascenseur » comme nous l’appelions avec fierté et attachement : deux funiculaires hydrauliques qui montaient et descendaient simultanément vers et de Notre Dame de la Garde, la « Bonne Mère » . Ils s’arrêtaient fort heureusement en début de soirée (peut-être vers 18h ?) et ne reprenaient pas de bonne heure le matin, ce qui nous permettait des nuits calmes.

Antoinette, dont les fenêtres donnaient derrière la maison, côté cour, pouvait les voir se croiser dans la cataracte d’au qu’ils libéraient. Cette fenêtre était la mieux placée puisqu’elle était face à la colline à l’aplomb de laquelle le funiculaire avait été construit.

Quelques années plus tard, nos appartements furent vendus, avec possibilité de les racheter. Antoinette n’étant pas intéressée déménagea, et mes parents rachetèrent notre appartement et le sien pour un prix plus que raisonnable. La fameuse fenêtre fût alors celle de ma chambre. J’avais 14 ans et le bonheur d’avoir une chambre rien que pour moi.

Le 66 a perdu de sa superbe !

Il est vrai que ma vue d’adulte est plus critique et moins empathique. Mais quand je passe sous le grand porche qui mène à la cour sur laquelle donne ma chambre je n’y vois plus que délabrement.

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Les rails du funiculaire ont fait place au béton d’une barre d’immeubles, sacrifiés sur l’autel de la rentabilité.

La nostalgie disparaît pour faire place à l’indignation et à la colère devant tant d’application à détruire ce qui fut notre patrimoine.

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crédit photo de l’ascenseur : internet – on distingue les maisons de la fameuse cour sur laquelle mes fenêtres portaient.

– Et quoi d’autre ? –

A côté du 66, le 64, rien de plus normal. Le 64 aussi était haut en couleurs. Je me souviens de la vieille madame ARMANIEN, mais surtout de la famille ZANNINI dont le fils Marcel, musicien déjà connu dans les années 50, date de création de son premier Groupe, nous régalait parfois de ses répétitions à la clarinette. Il faisait ses gammes, et il n’était pas rare de l’entendre, surtout l’été lorsque nous vivions fenêtres ouvertes.

Puis venait l’angle de la rue Dragon, avec son magasin de souvenirs religieux, sa savonnerie artisanale, juste à l’entrée du « Jardin de l’Ascenseur » ombragé et agréable où les enfants du quartier aimaient faire de la patinette et du patin à roulettes.

Les cars de touristes défilaient; générant une animation diurne permanente dans le quartier.

Ma rue Jules à moi s’arrêtait un peu là, à ce petit univers restreint composé de quelques immeubles, une cour et deux jardins… même si en bas de la rue il y avait un autre monde dont l’atmosphère m’était moins familière :

Au 26 « l’escalier fantôme » par lequel, au temps ou la rue Jules Moulet s’appelait encore rue Cherchell, les soldats étaient parti à l’assaut de l’ennemi sous la conduite de Pierre Chaix-Bryan pour libérer la Bonne Mère de l’ennemi. Il m’est arrivée avec d’autres gamins d’y échafauder des aventure le temps d’un jeudi oisif au patronage dont la porte restait ouverte.

Plus bas encore, Madame DAVIN, la couturière de maman puis, à l’angle de la rue Delanglade, un matelassier qui inlassablement changeait le coton des matelas qui s’affaissaient. Son local était rempli de balles de coton entassées jusqu’au plafond.

La rue remontait alors -avec au n° 8 la Sécurité Sociale qui s’y trouve encore (déguisée sous le nom d’Assurance Maladie) – pour aboutir en haut du Cours Pierre Puget dans le Boulevard Gazzino, actuel Boulevard André Aune.

Mais mon atmosphère à moi commençait à l’angle de la rue Dragon !

En face de la maison, une fois dépassée la Bibliothèque et ce que j’appellerai « la porte de Giuseppe », il y avait le Grand Garage DIDIER (garagiste et concessionnaire Citroën), avec son petit monde à lui : le patron Georges, qui postillonnait à tout-va, son neveu Robert, jeune encore mais qui assurerait la relève. Robert habitait avec ses parents et sa sœur Geneviève dans la cour. Le papa était taxi, la maman avait remplacé Antoinette pour aider maman à la maison. Revenons au garage : le mécano le plus ancien était Robert CAMPOCASSO, d’origine Corse. Tout le monde l’appelait Napoléon. Çà ne le contrariait pas le moins du monde. Avec lui toute une équipe de jeunes mécanos : Gérard, grand et beau qu’une copine épouserait plus tard, Robert Illy, et Jean-François Robin de petite taille avec de grands yeux bleus et un sourire permanent au-dessus d’une fossette…. Geneviève Imbert lui avait donné le surnom d’un personnage de dessin animé, bobotte-de-doigt-de-pied (va savoir !!!). Bref, adolescentes nous le draguions éhontément, en cachette de nos parents.

Je connaissais tout d’eux et de leurs allées et venues, car mon poste d’observation était le rebord de la fenêtre de cuisine où je restais assise des heures durant.

La cuisine était un lieu de vie avec, posé sur une console, un poste TSF qui diffusait le mercredi soir « Les Maîtres du Mystère » .

Comme je l’ai expliqué plus haut, la cuisine servait aussi de salle de bain.

Les fenêtres, très basses, comportaient toutes une barre transversale ou rampe scellée dans le béton à hauteur de taille, sur laquelle on pouvait s’appuyer pour se pencher. Je me glissais sous la barre pour observer, assise pendant des heures, les bruits et mouvements de mon quartier. Geneviève, à son étage, faisait de même et nous parlions d’une fenêtre à l’autre, saluant au passage les brèves apparitions de Tata Aubert et de Madame Murena.

Un lieu de bavardage très convivial, la fenêtre.

Un peu plus haut que la maison, il y avait un bar dont j’ai oublié le nom. Je me souviens que nous nous y rendions pour voir la télé, comme nos voisins, à condition de consommer bien évidemment. Nous y regardions La Piste au Étoiles de Gilles Margaritis animée par Michel Francini à ses débuts puis par Roger Lanzac.

Toute enfant j’ai rêvé de princes et de princesses en regardant en Eurovision le Sacre d’Élisabeth II d’Angleterre…. j’avais trois ans…. Le bar affichait complet ce jour-là.

En haut de la rue, le Bar Hugues (nous ne manquions pas de bars à l’époque). Il y avait aussi le patronage des garçons (celui des filles était à l’entrée du jardin de l’Ascenseur, comme évoqué plus haut). Ce patronage était à flanc de colline, juste en contre-bas de la Basilique. On apercevait à cette hauteur de la rue la statue de la Bonne Mère, illuminée, de nuit.

Plus tard, quand maman se retrouva seule et plus handicapée, elle décida de quitter le 66, et acheta au 105 dans un immeuble plus moderne avec ascenseur, au 3ème étage. Je mentionne cette anecdote car son balcon se trouvait juste en face du patronage, et on voyait formidablement bien Notre-Dame de la Garde qui apparaissait sur la colline (juste la statue au-dessus des arbres), face à nous. Malheureusement, atteinte de DMLA, elle ne put en profiter que pendant peu de temps.

Après le patronage, le grand jeu de boules où se retrouvaient les habitués et les joueurs de passage. Papa s’y arrêtait invariablement en descendant du Bus (57 ou 59) qui le déposait à Vauban lorsqu’il revenait de chez ses clients. Le samedi, c’était aussi sa seule sortie en « célibataire » tant qu’il a pu marcher.

La rue Jules ressortait ensuite sur le haut du Boulevard Notre Dame, avec quelques points de chutes essentiels, comme, en montant à droite, la poissonnière qui installait son étal au pied de l’escalier de la montée Notre-Dame, et la grande boucherie Basso de la place Valère Bernard.

Je serais de mauvaise foi si je déclarais ne pas connaître ce côté là, puisque c’est la route que nous empruntions pour aller à la maternelle de la rue de Lacédémone, chez les sœurs Franciscaines Missionnaires……..

En débouchant sur la gauche du Boulevard, le Cinéma le Breteuil, ou j’ai connu mes premiers films et qui deviendrait un cinéma d’Art et d’Essai bien des années plus tard. A côté, le Pompon Rouge, Boulangerie Pâtisserie ou je me régalais avec les couquies (???) feuilletés sucrés en forme de lemniscate et garnis de crème pâtissière, les puddings, et les bonbons de l’époque. En face du carrefour, le fleuriste « Au Coin Fleuri » qui a paré à tous nos besoins en fleurs et couronnes pendant tant d’années.

ET AUSSI…

Le samedi soir, à la nuit tombée, lorsque la rue était calme et que nous entendions non seulement notre radio mais aussi celle des voisins, soudain, des martèlements au sol et des bruits de chaînes de vélo : C’étaient les « blousons noirs » la bande de Vauban qui descendaient pour en découdre avec celle d’un autre quartier (souvent le Vieux-Port qui n’était qu’à 10 minutes de marche). Les Hell Angels de l’époque. Les volets se fermaient ou s’entrebâillaient dans la crainte de représailles qui ne se sont jamais produites : ils avaient d’autres chats à fouetter…. Mais nous les regardions à travers les lamelles de bois, comme si un danger imminent nous menaçait. Papa s’en fichait un peu, sauf que ça perturbait son écoute de l’émission à la radio. Maman était très peureuse et me communiquait son angoisse.

Parfois, un voisin décédait. Nous étions immédiatement au courant car de grands rideaux noirs avec ses initiales venaient orner la porte d’entrée du bâtiment concerné, et un cahier de condoléance était déposé dans l’entrée qui restait ouverte.

Le corbillard, lui aussi était noir et drapé de noir à ses fenêtres.

Cela donnait à la mort une connotation encore plus lugubre, si tant est que ce soit possible.

Pour revenir à des ambiances plus heureuses, la rue Jules était une rue en pente ou les gamins aimaient se laisser glisser dans des carrioles faites de grosses caisses de savon montées sur roulements à bille, bidouillées par eux-mêmes ou leurs parents. Point de casque à l’époque, et le risque permanent de partir en vol plané en cas de collision. Il fallait être vigilant en sortant de chez soi, surtout en dehors des heures scolaires !

J’ai parlé de deux bars une peu plus haut, mais nous étions privilégiés : il y en avait un troisième au coin de la rue Dragon : Le Bar de l’Ascenseur. Bien placé pour tenter les touristes assoiffés. Mais il avait sa faune personnelle avec les habitués qui « tapaient le carton » ou venaient boire un pastaga ou un café. C’était un établissement propre et calme et même les dames d’âge mûr comme le fut maman avant de déménager, pouvaient s’y retrouver pour papoter. Le soir dans tous ces établissements, le patron vidait au sol de la sciure pour absorber les liquides tombés dans la journée. Je suppose aussi que c’était bon pour le carrelage. A l’aube, le lendemain, il balayait.

C’était vivant, c’est le moins qu’on puisse dire.

En descendant la rue Dragon, après le bar il y avait un tapissier, puis Malou, l’épicière très enrobée, son époux et leur fille Suzanne. Tout le quartier s’y servait. Malou m’aidait à traverser la rue lorsque je me rendais au Cours Chevreul rue Edouard Delanglade, enfant, vers l’âge de six ans…. Madame Murena, de son kiosque à journaux, me faisait ensuite traverser le Bd Notre Dame. Maman avait des problèmes d’asthme tellement fort qu’il lui était impossible de sortir des semaines durant.

Le soir à 18h, après l’étude, je reprenais le chemin en sens inverse et les mêmes personnes me faisaient de nouveau traverser.

C’était ça aussi la vie du quartier, tout le monde se connaissait, avec ce que cela comportait d’agacement parfois, bien sûr; mais j’en garde le souvenir d’une grande famille et de beaucoup de solidarité.

Un jour de 1972, l’ai quitté le quartier….. sans état d’âme aucun : j’étais heureuse, je me mariais… je ne me souviens pas avoir jeté un regard derrière moi ce jour-là même si je devais y retourner, bien sûr, pour voir mes parents.

L’Ascenseur était encore là, le cocon était intact. Pendant des années, avec l’enthousiasme, l’égoïsme et l’insouciance de la jeunesse, je n’ai pas analysé l’importance de cette enfance équilibrée dans un écrin familial confortable.

Papa est parti quelques années plus tard. Maman a déménagé (pas très loin, à quelques dizaines de mètres de là !!!). Mais en allant la voir je ne jetais plus aucun regard au 66, trahissant mes souvenirs par lâcheté.

Plus de 50 ans se sont écoulés et ce besoin d’écrire révélateur et incompressible m’ouvre les yeux sur l’amour qu’on peut inconsciemment poser sur des murs, des rues, des personnes….. et qu’il ne sert à rien de le nier. Tôt ou tard le souvenir vous rattrape.

Cette rue fait partie de moi comme ma Ville, qui me prend aux tripes sans que je puisse m’en défendre, ma ville et les multiples quartiers qui ont compté dans ma vie….. mais ça, c’était après la rue Jules Moulet.

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devant la porte, en demoiselle d’honneur un jour de mariage

Gibulène – Janvier 2022

 

À la Une

Le mystère de l’étoile (A.I. Janvier 2022)

En ce mois de Janvier 2022, voilà le sujet que Lyssamara nous a concocté :

Vous voudrez bien le commencer par cet extrait (tiré d’un journal intime fort célèbre)

« Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs »

et y glisser cette phrase-phare capturée

« Je m’attache très facilement »

où vous rêverez.

Si vous y introduisez quelques de ces mots-ci, on s’approchera du faîte (de l’édifice littéraire évidemment): étendre, galet, sicaire, céphéide, ange, se revancher et revif.

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Tandis que les autres se tenaient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs, à la recherche du moindre indice qui lui permettrait de comprendre le mystère qui s’était joué cette nuit-là !

Dans le livre qu’il venait de parcourir avec avidité, l’ histoire disait que la magnifique céphéide, guidée par un ange, s’était posée sur le faîte d’une grotte pour attirer l’attention sur un enfant nouveau-né… mais le vieux grimoire s’arrêtait là, prometteur d’une suite qui, il le sentait, était susceptible d’avoir modifié l’humanité et son histoire……

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Mais encore fallait-il retrouver où l’Oncle Joseph avait rangé ledit livre. Sans trop s’étendre sur l’ordre relatif qui régnait dans la demeure, il était de notoriété publique qu’Oncle Jo, collectionneur dans l’âme, n’avait aucune notion du minimum d’organisation que requérait son hobby.

Quand on lui demandait pourquoi il amassait tout et rien de la sorte, il avait coutume de répondre « je m’attache très facilement aux objets« ………… juste avant de retomber dans le mutisme poli qui le caractérisait.

Mais lui seul pouvait en quelques secondes retrouver LE galet poli ramassé sur la plage un 25 janvier, ou encore LE poster d’Alan Ladd dans le rôle d’un sicaire dans le film « Tueur à Gages » de 1942.

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Seulement voilà, Oncle Jo n’était plus là, et Tante Marie, dans un revif de jeunesse, ou peut-être pour se revancher de toute cette existence sédentaire, venait de vendre la maison pour reprendre sa vie nomade d’avant………

D’avant ? mais d’avant qui et d’avant quoi ??? En fait, dans le village on savait peu de choses de Joseph et de Marie, qui avaient toujours été là, sans qu’on puisse leur donner d’âge précis…… Ils étaient le repère de tout un chacun par leur sagesse et leur sens de l’hospitalité, et tous les enfants les avaient adoptés, au fil des générations, sans se poser de question.

Il devenait vraiment urgent de retrouver la suite de l’histoire, avant que tout ce fatras ne finisse dans un vide-grenier.

Il appela ses amis présents à la rescousse. Ils étaient douze : l’union fait la force, bientôt ils sauraient………

Gibulène – 08/01/2022

À la Une

En pause

En mode « trêve des confiseurs » chez la cagouille………. Onésime, Ehouarn-le-chat et moi reviendrons avant la fin d’année pour passer le cap avec les amis blogonautes.

en attendant : Passez un Noyeux Joël

Saint Victoret à Noël

À la Une

Le Père Noël Existe-t-il ?

Finir l’année avec le Père Noël, c’est ce que nous propose Patrick Blanchon ce mois-ci pour l’Agenda Ironique. Pour les détails, tout est dit là :
https://peinturechamanique.blog/2021/12/01/agenda-ironique-de-decembre-2021/
Un rappel des mots à « caser » : neige – silence – tintinnabuler – orange – étincelle – écarquiller – introït – jeûne – moyeu – centre – rayon – Sain(t) – étoile – conifère – le nom du 1er Renne du Père Noël…. mais au fait, existe-t-il ce Père Noël  ????

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Il faisait très froid en ce 24 décembre 1956, c’était l’année de mes 6 ans. En regardant par la fenêtre, je vis que la neige tombait en abondance. J’ouvris la fenêtre pour respirer cette ambiance particulière et écouter le silence ouaté : nul véhicule ne circulait, les quelques voitures garées dans la rue avaient les pneus ensevelis jusqu’aux moyeux ! Notre vieille Frégate bicolore semblait figée dans le temps.

Le conifère du jardin d’en face, décoré de guirlandes joyeuses, blanchissait doucement. Seule l’étoile posée en son sommet brillait de mille paillettes d’or. J’écarquillais les yeux, émerveillée du spectacle qui s’offrait à moi ! J’avais des étincelles dans le regard (me racontera bien plus tard ma mère)…. et les mains gelées.

Le repas pauvre de nos traditions calendales provençales n’était pas, loin s’en faut, assimilé à un jeûne…. mais il me semblait un peu « maigre » malgré l’orange du dessert qui exhalait son parfum. Aussitôt dégustée, je mettais son écorce sur le vieux poêle à bois qui ronflait au centre de la pièce depuis que la cheminée ne remplissait plus son office.

Noël, c’était l’époque des questionnements et parfois des doutes. Le Père Noël existait-il ? des camarades de classe avaient essayé de semer le doute en moi en m’affirmant le contraire. Mais s’il n’existait pas, qui lisait la lettre que je lui envoyais pour suggérer le cadeau qui me ferait tant plaisir ? qui buvait le petit verre de liqueur posé sur l’ancienne cheminée pour le réconforter, verre que nous retrouvions vide à notre retour de la Messe de Minuit ? Qui grignotait les deux galettes laissées pour lui ?

D’ailleurs comment douter de son existence alors que ses rênes existaient bien, eux ! tous les documentaires sur la Laponie en parlaient ! et leur meneur, qui s’appelait Rudolf, je savais qu’il avait un gros nez rouge, mes parents me l’avaient dit ! Ils en savaient plus que mes camarades, non ? et sur les rennes, ils en connaissaient un rayon ! Alors je balayais mes doutes pour ne penser qu’au bonheur du moment.

Nous partîmes, emmitouflés, assister à la Messe. C’était un autre moment d’émerveillement : les lumières, les voisins, la grande crèche, les chants grégoriens, les statues de Saints qui semblaient nous accueillir……… que cette nuit était belle !!! avec la promesse au retour d’un cadeau sous le sapin et des treize desserts qui nous attendaient…….

Je m’assis confortablement, c’était comme un spectacle dans l’église Saint-Philippe ce soir-là. Les enfants de chœur sautillaient à qui mieux mieux, impatients eux aussi que l’office commence.

Dès l‘introït la magie opéra……… la clochette tintinnabulait au rythme des prières et nous rappelait les moutons endormis dans la crèche……..

Sur le chemin du retour, l’impatience et la chaleur que j’avais au fond de moi m’empêchèrent de sentir la morsure du froid !

Mes doutes s’envolèrent :

cette année là, encore, le Père Noël était passé à la maison !

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Belles fêtes à vous tous

Gibulène – 06/12/2021
À la Une

Le Chant des baleines….

Corinne Génovès est une artiste peintre très particulière puisqu’elle maîtrise, entre autres, le « pouring ». A la suite d’une démonstration officielle, nous avons vu naître des tableaux abstraits sous nos yeux. Certains détails pris au zoom donnent des choses étonnantes. Sur cet extrait j’ai vu une baleine émergeant de l’eau !!! il n’en fallait pas plus pour créer quelques lignes.

Le chant des baleines

L’original intégral, à peine terminé et encore frais sur la table, c’était ça :

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Etonnant, non ? 

Belle semaine – Gibulène 29/11/2021

À la Une

Joie en Novembre….. Noël en Décembre (A.I. Novembre 2011)

Tout se passe chez Laurence Délis, ce mois-ci. Le sujet :

je vous propose de débuter votre récit par une phrase empruntée à Charles Trenet « Y a de la joie […] par-dessus les toits […] du soleil dans les ruelles » à laquelle j’ajoute et novembre .Ce qui donne la phrase suivante : « Y a de la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles et novembre…  » A vous d’écrire une suite où il sera question de ce mois novembre. Que fait novembre ou que faire de novembre ou que faire en novembre, avec qui ou quoi… bref, c’est à vous de le dire, comme bon vous plaira avec un zeste d’ironie agenda oblige ? Il faudra ajouter trois mots à votre inspiration du mois  : un puits – le passage – se taire
https://palettedexpressions.wordpress.com/2021/11/01/y-a-de-la-joie-par-dessus-les-toits-agenda-ironique/

 

« Y a d’la joie ! La Tour Eiffel part en balade……. » Quelle surprise à la lecture de cette nouvelle dans la Presse ! Onésime en reste perplexe au point de se taire (c’est tout dire !)

Si l’on en croit la rubrique « elle s’ennuyait seule ans son coin et a sauté la Seine à pieds joints » !!!

Le passage n’a pas dû être facile, soliloque-t-il en retrouvant la parole; il lui a fallu faire péter les boulons, non ? Il ne faut pas être un puits de science pour mesurer l’incongruité de cette nouvelle ! Pourtant nous sommes en novembre, le 1er avril est loin derrière (ou loin devant…. ça dépend) ! C’est un pragmatique Onésime il se dit qu’il a dû sauter un chapitre…….. En parlant de chapitre, après vérification il constate qu’il est dans la rubrique CULTURE, et que le titre de l’annonce en dit long :  « Nouvelle Comédie Musicale qui va égayer Paris en ce mois de novembre : reprise des grands succès du Fou Chantant pour les 20 ans de sa disparition – les réservations vont bon train ».

A mon avis, se dit-il en conclusion, ce doit être un coup de Tom (Novembre, évidemment !)… Eh bien que voilà une bonne idée de sortie pour emmener Gertrude !  week-end en z’amoureux dans la Capitale avec restau sympa et spectacle ! Rien de tel pour couper la monotonie d’un automne grisâtre qui n’en finit pas ! et puis ne dit-on pas « novembre joyeux, Noël heureux » ? Il a trop hâte, Onésime, de fêter Noël… mais encore une fois ceci est une autre histoire.

 

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Tom Novembre

 

Gibulène – 11/11/2021

 

 

À la Une

Onésime et le 22 (A.I. d’Octobre 2021)

C’est Carnets Paresseux qui nous accueille ce mois-ci, avec des instructions très………. euhhh comment dire………… fantaisistes 😀 mais nous n’en demandions pas moins ! Il nous demande donc de :  raconter une histoire de premier jour.  Et pourquoi ça, alors que les jours raccourcissent et que l’année tire au bout de sa ficelle ? Tout simplement en hommage à James Ussher, archevêque d’Armagh et Primat d’Irlande, qui, après de très savants calculs – avant qu’on se moque de lui, rappelons que Kepler et Newton ont tenté la même opération –  assigna au premier jour de la Création du monde la date du 22 octobre*. Donc, une histoire de premier jour, de genèse, de commencement, bref, de début, sous forme de chanson, de conte, de thèse, d’opéra, de feuilleton (j’ai beaucoup d’affection pour les feuilletons), recette de cuisine, pièce de théâtre, poésie animalière, cinématographe ou aquarelle, ce que vous voulez, en un épisode ou en vingt livraisons ; avec – si vous voulez – une écrevisse, et – obligé –  deux vers empruntés à l’ami Norge , au choix entre ces quatre là : « la porte était lourde / ça faisait des heures » ou « j’attends de savoir / ce qu’il faut attendre »…….  Bref, une histoire de début, une écrevisse facultative, deux vers de Norge – ou plus. Voilà. Et bien évidemment, un peu d’ironie et une dose de calendrier.

Onésime s’y colle, il m’autorise à publier :

Ce 22 Octobre était un jour important pour Onésime, il espérait que ce serait le premier jour du reste de sa vie !

La veille il avait longuement médité au son du tambour, sous la Pleine Lune, et pris une grande décision : Il était prêt à faire sa déclaration à Gertrude !!!

C’est un précautionneux, Onésime, il avait fait des recherches sur ce jour précis, avec ses bons et mauvais événements dont certains l’interpellaient et d’autres non.

Parmi les naissances, il y avait Franz Liszt le romantique (coucou toutl’opéra, comprenne qui pourra) et le grand Georges, chanteur poète s’il en fut, Leconte de Lisle et sa Marseillaise, et les Catherines (Deneuve et Pancol, qui toutes deux avaient sa sympathie).

Bien sûr, il y avait eu des décès, mais que ce soit Charles Martel, Paul Cézanne ou Lino Ventura, aucun ne lui laissait d’impression négative.

Des événements importants en ce premier jour de Brumaire ? tiens ! l’invention de l’ampoule électrique par Edison !!! Fiat Lux !!! Lumineuse idée s’il en fût !

Onésime en avait déduit que le 22 (pas celui des flics, ni celui d’Asnières) était d’un bon cru ! et en parlant de cru, avait décidé dans la foulée de mettre les petits plats dans les grands pour fêter ce grand moment ! Ça tombait bien puisque Gertrude lui avait promis de venir passer la journée !!!

Voyons, soliloqua-t-il ce matin-là après avoir petit-déjeuné ! « je mets de l’ordre dans mes idées. Ça ne va pas tout seul……….. à la fin j’ai beaucoup d’ordre et presque plus d’idées ».

Toute la matinée,il cuisina pour offrir à sa dulcinée une écrevisse à l’armoricaine. Enfin quand je dis une, c’est plutôt des !!! Ce n’est n’est pas un radin Onésime.

Et Ça faisait des heures qu’il s’appliquait ! ce n’était pas le moment de se louper !

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Vers onze heures Gertrude arriva avec du bon pain frais et des macarons (leur dessert préféré), et il lui demanda de patienter quelques minutes sur le canapé. Gertrude n’est pas compliquée, elle prend sur une étagère un recueil des poèmes de Georges Mogin, alias Norge, et se plonge dans la lecture.

Lorsque tout fut prêt, fier de lui, il se saisit du faitout et voulu le présenter, tel un trophée, à sa Dulcinée. Mais pour sortir de la cuisine il s’aperçut que la porte était lourde !

« Peux-tu venir me donner un coup de main Gertie, s’il te plait ! (c’est un poli Onésime, il est bien éduqué).

La réponse de Gertrude le surprit !!! : « j’attends de savoir ce qu’il faut attendre » l’entendit-il dire de l’autre côté de la porte.

D’habitude Gertrude est plus coopérative, mais lorsqu’elle se plonge dans l’univers de Norge, elle s’applique tellement à tenter de comprendre qu’elle en perd toute autre notion. Il le sait Onésime, c’est un intuitif.

Il se prit à réfléchir de façon plus rationnelle. Pour que ce jour soit vraiment le premier, il ne fallait rien négliger, et surtout ne pas contrarier sa douce Gertrude. Et puis il avait encore des choses à préparer……… le bouquet, le petit écrin depuis des semaines caché, le Dom Pérignon bien frappé……….

Il fallait que, lorsqu’il ouvrirait la porte, tout soit parfait.

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Mais ceci est une autre histoire………… laissons-les en profiter, c’est leur journée !

                                                

 

Gibulène – 03/10/2021

 

 

 

À la Une

Onésime et l’Amphi Aboli (A.I. de Septembre 2021)

Le sujet du mois, que je vous résume ci-dessous :

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous le trouverez chez Tout l’opéra ou presque (https://wordpress.com/read/feeds/98086153/posts/3539039441)

Onésime a cru comprendre que sa placidité naturelle était implicitement requise pour tenter de résoudre l’imbroglio. C’est un courageux, Onésime, il va au charbon quand il le faut !


Onésime est perplexe en ce début Septembre. Après des vacances mi-figues mi-citrons (pas encore de raisin en Août, restons logiques), voilà que pour une rentrée qu’il espérait soft, il se retrouve à philosopher sur les amphibolies et autres hypallages en « tournant autour » (sic) de l’aboli bibelot d’inanité sonore !!!! (merci Jean-Louis)

Gertrude ne lui est d’aucun secours : lorsqu’il lui a lu le sujet, elle a écarquillé ses grands globes amoureux, a caressé sa joue, et a filé en cuisine lui préparer une fournée de jumeleines réconfortantes ! Ça part d’un bon sentiment, mais ça n’aide pas à la réflexion dans l’immédiat.

Il est seul face à son devoir et se fait un devoir de l’être.

Dans sa tête l’horloge tourne, il est remonté. Son esprit cartésien, une fois de plus prend le dessus : si tu ne comprends pas, analyse ! et c’est ce qu’il entreprend de faire. Il est logique Onésime, logique et appliqué. Il se dit qu’il y a une énigme à déchiffrer, une signification cachée et que chaque mot est un message. C’est donc mot par mot qu’il va « s’y coller ».

ABOLI : Anéanti, supprimé, annulé…… mais aussi :

AB-OLI (ab, préfixe latin signifiant l’éloignement) (Oli le rappeur pote à Bigflo)

A – BOLI (qui appartient à Basile Boli) (ben, il est Marseillais de cœur, Onésime !)

Pour l’instant, tout cela ne donne rien de logique. Il faut aller plus loin se dit-il, car il aime se dire des choses….

BIBELOT : petit objet décoratif. Bon, ça, il comprend.

BIBE-LOT : un lot de biberons ??? que viennent faire dans cette histoire un lot de biberons réduits a néant et ayant appartenu à Boli ?

INANITE : vain, vide, sans intérêt !!! voilà qui retient le sien !!! Il s’agit d’un lot de biberons apparemment sans intérêt…….

L’enquête progresse, mais où donc Jean-Louis veut-il en venir, et que veut-il lui faire comprendre ? Si seulement son pote Anna était dans le coin ils pourraient réfléchir de concert ! ce qui serait fort utile vu le mot d’après!!!

Les effluves de jumeleines qui parviennent de la cuisine titillent agréablement les narines de notre philosophe en herbe qui en profite pour ma susurrer (c’est un gentil Onésime) qu’il n’y a pas d’herbe dans la salle à manger. (oups !)

Allons, un dernier effort !

SONORE : qui résonne fort, qui renvoie ou propage le son. Mais aussi :

S’HONORE ?

SON OR ? les biberons sont-ils en or ?

On veut donc le faire travailler sur la disparition de biberons en or devenus inutiles et ayant appartenu à Basile Boli (A BOLI BIBE LOT INANITE SON OR)

Eurekâ s’exclame-t-il en Grec mettant en exergue son côté polyglotte ! je m’en remets à la logique du lecteur pour achever l’enquête à son gré, l’essentiel est fait……… les jumeleines sont trop tentantes pour ne pas y succomber (et ceci n’est pas une amphibiologie) !!!

Il m’a fatigué, le djeuns ce soir, pas vous ?

Bonne nuit à tous, prenez un paracétamol ça ira mieux après.

                                                                                                                           Gibulène – 07/09/21

À la Une

Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus (A.I. Août 2021)

le sujet :  composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus »

J’avais fait une fable à la destination des Marseillais il y a quelques années. J’espère qu’elle ne sera pas trop difficile à décoder…….. Bonne lecture à tous, j’ai un peu adapté 😉

Une lettre qui se détache

De notre nom et qui se cache,

Et nous ne sommes déjà plus !

Notons le souvenir des histoires vécues

Elles seront le vibrant témoignage

De notre vécu sur la page :


Boudiou ! dit Notre Dame, un matin de printemps,

Que le Vieux Port est calme c’en est presque inquiétant !

les pointus sont à quai, les pontons sont déserts

Pas une allée venue vers les Îles ou la Mer !

Y aurait-il engatse aujourd’hui sur le Port

Ils sont là, immobiles, on dirait qu’ils sont morts !!!

Eh bien, ça va changer, et que Dieu me pardonne

 Je vais créer l’ambiance et jeter ma couronne

 Par dessus les maisons, et voyons s’ils sauront

 se bouger, rien qu’un peu, mordre à mon hameçon !

Ce qui est dit est fait, et voici Notre-Dame

 qui lance sa couronne avec beaucoup de charme

 dans le Port si tranquille que l’on entend chanter

 la brise dans les mâts, les oiseaux sur le quai !

 Mais on est à Marseille, Bonne Mère, peuchère !!!

Ici, pour les bateaux, ce n’est pas la galère

C’est plutôt « on verra » ou alors « tout à l’heure »

Ils ne sont pas vivaces et vivent à deux à l’heure

Voilà la Bonne Mère aujourd’hui décoiffée

Comptant sur un miracle pour se rhabiller !!!

Jésus, tu pourrais bien donner un coup de main !

Fada, pas aujourd’hui, ni peut-être demain !

Il fait trop chaud maman, profite du beau temps,

Elle s’en ira pas, ta couronne, entre temps !

Et puis les Marseillais ils sont crevés, hier

Ils étaient « à l’OM » et n’en sont pas peu fiers !

La Vierge, sur ses gardes, et grandement déçue

Jura mais un peu tard qu’on ne l’y prendrait plus !!!


Gibulène – Version Août 2021 pour l’Agenda Ironique


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Crédit photo Patrick Mayan –  @Patphoto
(https://www.flickr.com/photos/131000268@N04)

À la Une

Journée bof, mais pas trop (Agenda ironique de Juillet)

Le thème : utiliser des onomatopées pour narrer un moment ou une étape dans la vie d’une personne. Merci à VictorHugotte pour cette idée rigolote (ça bas de soie 😀 )

Driiiiiinnnnng fait le réveil

Beurk : 6h 30 déjà ! pfffffffffff faut se lever !

Aïe, Aïe, Aïe : crampe de bon matin, vite s’étirer…..

Ouf !!! ça passe….

Bon, positivons !

Hmmmmmmmmmm le café du matin !

Grrrrrrr plus de dosette dans le placard !

Re-positivons : thé et galettes, elles font crunch crunch

criiiiiiic, j’ouvre les volets : plic ploc ! zut il pleut…

ron ron fait le chat

Bzzzzzzzzz…. Oh, un moustique ! Paf, m’embêtera plus celui-là !

Heueueueu, que faire un jour de pluie ? en plus : glagla ! fait frisquette.

ron ron refait le chat

Whaou : un arc en ciel, SUPERBE !

lap lap (le chat boit)

driiiiiiiiiiiiiiiiinnnnng (non pas le réveil : la sonnette)

Chic le facteur avec mon colis ! youpiiiiiiii : la saga Iris de Dee. L. Annibale en cinq volumes ! Ben la voilà mon occupation aujourd’hui : lecture.

Blgloup grlooooggr fait mon estomac affamé (ben oui déjà midi)

miam miam le sandwich !

hic, hic… zut le hoquet ! gast ! glouglou….. ça passe.

hop, banquette avec le chat.

ron ron………. (etc)

Driiiiiinnng (non pas le réveil, pas la sonnette, LE TÉLÉPHONE).

Allôôôô, allôôôô ????

erreur, grrrrrrrrrr, personne !

Atchoum ! vite un kleenex, sniff !

Grat, grat (le chat)

Tic tac, le temps s’écoule. Pas un bruit. Si, le boum boum de mon cœur et le vrooooooouuuuuuuum d’une motobylette qui passe. Même pas vu Onésime aujourd’hui ! c’est rare !

re-miam miam avec un slurp slurp en dessert.

Bon c’est l’heure du dodo…….

ron ron…….. il attend ses bonbons du soir………

un hibou fait hou houououou…….. criiiiiiic je referme le volet, et clac je verrouille la porte.

grattouille au chat, à demain……

Boing, je saute dans mon lit (oui, je sais…. mais c’est un vieux matelas à ressorts)

Dans le fond là-bas j’entends un miaououou pas content.

ZZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Bonne nuit les gens !

Gibulène 7/7/2021

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À la Une

La langue dans tous ses états (A.I. de Juin 2021)

Un thème, chez Iotop (https://ledessousdesmots.wordpress.com/2021/06/04/agenda-ironique-juin-2021/) qui nous accueille pour l’A.I. de Juin 2021. Un thème : la langue, des mots aussi : frigoriste, insomniaque, narine, chouette (dans le désordre).

                                                                   * * * * * * * * * *

Le jeune frigoriste, insomniaque, attend patiemment que la nuit s’achève. Au loin une chouette hulule dans les arbres qui bruissent sous le vent. c’est chouette une chouette !

Sur son balcon, l’héliotrope bleu diffuse des senteurs de vanille qui viennent caresser ses narines. Il passe sa langue sur ses lèvres dans un réflexe pavlovien…….

Ses sens en éveil font vagabonder ses idées……… cet parfum enivrant est aussi celui de la jeune voisine qui vient d’emménager, il y a quelques mois dans le dernier appartement au fond du couloir. Il sait peu de choses d’elle, sauf qu’elle vient des îles et qu’elle ne parle pas notre langue…. mais longtemps après son passage, des effluves sucrés flottent encore dans le couloir.

Il avait caressé l’idée de l’aborder, mais complexé par son défaut d’élocution -un énorme cheveu sur la langue– lui qui d’habitude n’a pas la langue dans sa poche s’est auto-censuré.

Perdu dans ses pensées, le voilà ramené dans l’ ici et maintenant par son greffier bicolore dont la langue râpeuse vient soudainement lui rappeler qu’il a un nez ! ce même nez qui l’a transporté dans les profondeurs insondables d’un rêve qui, pour être éveillé, n’en était pas moins fantasmatique.

Il se secoue. Le jour pointe à l’horizon, le réel reprend le dessus, même s’il est déçu.

Vite se préparer pour la voir partir comme tous les matins, par l’entrebâillement des persiennes… engloutir machinalement deux langues de chat et avaler un café trop chaud qui lui brûle la langue… puis, lorsqu’elle s’est éloignée, sortir dans le couloir et humer à perdre la raison……

Conscient malgré tout de l’incongruité de ses pensées et de ses actes, il se dit que ce matin il se rendra chez sont pote de toujours, Onésime, pour lui demander conseil. Onésime ne pratique pas la langue de bois, mais il n’est pas non plus langue de vipère. Il saura écouter, analyser, et surtout il saura tenir sa langue. C’est un gentil Onésime.

Peut-être aussi pourra-t-il lui souffler –la langue française est si riche- quelques phrases bien tournées pour aborder la fille-à-la-vanille.

En ce qui le concerne, depuis qu’il l’a rencontrée, il en a perdu sa langue !

Gibulène – 05/06/2021

À la Une

Fête des Mères

 

J’aimerais en quelques mots vous dire

ce que le nom « maman » m’inspire;

mais voilà, ces mots sont bloqués !

comment pourrais-je l’expliquer ?

Ma maman, c’était LA présence

depuis le jour de ma naissance

dans les bons, les mauvais moments,

me soutenant farouchement,

toujours prête à venir m’aider !!!

trop, peut-être ??? car lorsque j’étais

une ado à moitié rebelle

j’aurais aimé avoir des ailes

pour loin d’elle m’envoler

et vivre en toute liberté.

Maman, qui s’organisait,

Les jours où tout dérapait :

c’était les longues nuits de veille

pour les rhinos, les maux d’oreille

Elle n’a jamais laissé tomber :

malgré son asthme, son eczéma,

pour moi, elle était toujours là !!!

Maman, c’était aussi l’angoisse

lorsque j’arrivais en retard

de l’école, ou de la paroisse,

et je voyais dans ses prunelles

toute la détresse du monde

se disperser en vingt secondes

car j’étais de nouveau près d’elle….

Enfant, maman c’était câlins,

c’était dodo, main dans la main,

sous l’œil attendri de mon père

qui, silencieux, la laissait faire

lui qui peut-être aurait souhaité

échanger son autorité

contre une douceur féminine

dont je me nourrissais, gamine.

Maman, parfois, c’était colère,

gronderie, fichu caractère,

c’était aussi une fessée

lorsque je l’avais méritée !!!!!

Maman, souvent, c’était des larmes

qui lui conféraient tout son charme

et prouvaient, si besoin était,

sa trop grande fragilité.

C’était aussi l’envie de plaire,

de rire, de chanter, de danser :

ce que je n’ai jamais su faire

et que je lui ai reproché….

Et puis un jour, je suis partie.

C’était normal, j’avais grandi !

les enfants partent tous un jour

en emportant dans leurs bagages

des valises pleines d’amour,

tout en laissant dans leur sillage

une sensation douce-amère

de trop peu, de trop mal, de trop court….

un désir de marche en arrière,

un sentiment de non-retour !

Et j’ai vécu ma vie de femme

sans d’elle me préoccuper :

je l’ai laissée se « débrouiller »

avec papa, avec mémé,

qu’elle a soignés, qu’elle a aidés

sans jamais déposer les armes….

Puis un jour, seule elle est restée.

Elle n’a pas voulu m’encombrer :

elle a accepté de reprendre

sa vie longtemps interrompue

et, décidée, sans plus attendre,

un an ou deux elle a vécu,

en avalant les kilomètres

dans des voyages insensés :

elle aimait beaucoup voyager,

dans cet art elle était passée maître !!!

Mais bientôt vint la maladie !

et après qu’elle s’en fût guérie

en luttant avec âpreté

est arrivée la cécité !!!

Là encore elle s’est adaptée,

préoccupée comme elle l’était

de me laisser prendre le large,

de ne pas rester à ma charge…..

Puis un jour, quand j’ai vécu

ce que la vie avait de pire

sa main de nouveau s’est tendue

pour m’aider et me soutenir.

Ma petite mère courage

qui a essuyé tant d’orages !

plus qu’on ne peut en supporter,

tu n’as jamais démérité….

et quand je t’ai vue vieillissante

tes yeux sur le vide posés

qu’eût-il fallu que je ressente

sinon une immense fierté ?

Presque 60 ans pour comprendre

tout l’amour que tu m’as donné….

Il était temps! sans plus attendre

j’ai voulu par les mots témoigner :

au crépuscule de ta vie

ma maman, je t’ai dit MERCI.

Quelle bonne idée j’avais eue !

car maintenant que tu n’es plus,

pas un jour sans que je ressente

de façon plus ou moins pressante

l’envie folle de te parler,

de te dire, te raconter

ce que tu as été pour moi…

Ce vide qui ne se comble pas.

Le jour de la Fête des mères

tu mettais une robe claire

ton sourire et ton beau collier…

C’était un jour privilégié.

Si de là-haut dans tes nuages

tu peux lire ce long message

alors, nous aurons partagé

encore une belle journée.

Fifille – Mai 2021

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À la Une

Onésime et le cyclo-pousse – A.I. de Mai 2021

L’Agenda Ironique du Mois de mai nous est suggéré par Laurence qui nous accueille avec quelques consignes à respecter. Pour les lire, cliquez là :

https://palettedexpressions.wordpress.com/2021/05/03/un-bruit-etrange-et-beau-agenda-ironique/

Je résume : on part du titre d’un livre de ZEP « Un bruit étrange et beau, et on en fait absolument ce qu’on veut, à condition d’inclure ce titre et les mots cyclo-pousse, île, et poirier. Quoi de plus logique !

_____

 

Onésime en a marre du confinement, du respect des consignes, de ne plus voir la douce Gertrude que depuis la fenêtre sous laquelle il passe tous les jours.

Il regrette tellement de ne pas l’avoir emmenée en Absurdie pendant que c’était encore possible (https://wordpress.com/post/laglobule2.wordpress.com/675)

Il revoit encore ses yeux pleins de tristesse lorsqu’il lui avait annoncé son départ, et garde dans la tête le petit sanglot discret qui était venu du fond de sa gorge : un bruit étrange et beau comme une poésie, ou comme ce clapotis de la Seine à l’heure bleue dans le livre de ZEP… (c’est un sentimental Onésime, même s’il s’en défend).

Mais Gertrude, la naïve Gertrude, c’est la douceur même : à son retour, elle l’attendait comme Pénélope, mais avec un tupperware rempli de jumeleines confectionnées pour lui avec application. Et quand on connait sa maladresse légendaire, c’était vraiment un super cadeau !

(https://wordpress.com/post/laglobule2.wordpress.com/176 pour la recette).

Onésime attend donc de pouvoir la retrouver au petit troquet où ils avaient leurs habitudes (mais ça, c’était avant !); de pouvoir reprendre ces petites conversations décousues qui font le sel de la vie.

(https://wordpress.com/post/laglobule2.wordpress.com/610)

En attendant, notre Ecriberlu fait le pied de grue tous les matins sous les fenêtres de sa fidèle, attendant de l’apercevoir au milieu des potes de géraniums qui encombrent son balcon.

C’est une végétale Gertrude, elle plante tout ce qui est susceptible de pousser. Un jour, elle a même cru planter un poirier, mais il y a eu gourance cette année-là, elle a récolté des nèfles.

Bref, lorsque les yeux de Gertrude pétillent derrière les géraniums, Onésime est les plus heureux.

Aujourd’hui, il a pris une grande décision : les infos sont confuses mais optimistes : les interdits vont sauter…….. enfin, c’est à souhaiter………

Alors, il va la surprendre, Gertrude, il va lui inventer des vacances lointaines pas très loin : ils partiront tous les deux -si elle le veut bien- pour la première fois. Il va louer un cyclo-pousse et il l’emmènera dans une île. Bien sûr ce ne sera pas Madagascar, ou un pays lointain comme le Vietnam, il faudrait pédaler trop longtemps…. Mais il y en a des îles en France ! on peut pédaler sur l’île de Ré, ou l’île de la Cité……… et même à l’île de Porquerolles ou l’Isle sur la Sorgue !!!

Qui sait, des amis blogonautes comme Ana les rejoindront peut-être pour cette jolie escapade aux senteurs de liberté.

C’est un rêveur Onésime, on l’a déjà dit. Et là, il se prend à rêver……. Mais chuuuuuuuuuuut, ne dites rien à Gertrude, jusqu’au dernier moment ça doit rester secret !

 

Gibulène – 06/05/2021

Une petite pensée pour l’ami Yann qui nous a quittés et ne passera plus déposer ses longs commentaires amicaux et appliqués. Adessias Yann.

 

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À la Une

Adieu Yann

Un matin tu te réveilles, et tu apprends sur les réseaux qu’un ami blogonaute n’est plus parmi nous…. des années d’amitié derrière un écran et finalement peu de liens personnels à part quelques mails qui rapprochaient artificiellement. Yann nous a régalés de ses voyages en famille. Sa dernière histoire qui rendait hommage à un soldat, nous n’en connaîtrons jamais la fin.

La famille des blogs est un peu orpheline de l’un des siens ce matin. Adessias Yann, bonne route vers les étoiles. Nous te remercions de ces heures de lectures que tu nous a offertes. Toutes nos pensées vont vers Elisabeth, Gaël, Chloé…… et ta vieille copine Célestine 😦

https://trigwen.wordpress.com/

LN

À la Une

En stand-by

A bientôt tout le monde. Interruption tout le mois d’Avril. En mode mémé-tout-terrain 😀

Je reviens dès que je peux SI j’arrive à maîtriser la présentation du blog pffff.

Je vous laisse avec mes deux nouvelles copines. A bientôt………

Gibu

À la Une

8 Mars 2021- les cent ans de la journée de la femme (pour l’Agenda Ironique)

Pour le mois de Mars l’Agenda Ironique se transporte chez Nervures et Entailles https://josephinelanesem.com/ avec un sujet bien sérieux  issu du slogan Coréen « Nous sommes le courage l’une de l’autre » et cette précision : « De cette maxime, faites ce que vous voulez. La thématique d’un conte, le vers d’un poème, un discours militant, une analyse de la vertu, ou du vice, la répartie d’un dialogue. Elle me transmet une force qui dépasse le féminisme. Elle nous rappelle que nous tenons l’un par l’autre, que nous subsistons parce qu’ensemble. Si la solidarité exige plus de courage que l’intérêt privé, elle nous en donne tellement en retour, en nous ramenant à l’essence de notre humanité. »
A caser : un ou plusieurs chiasme(s), une ou plusieurs anaphore(s) et la phrase « Nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie. »
A part ça, tout va bien 
😀 !

Cent ans depuis sa création,

Cent ans de revendications.

Misogynie mise à part

Nous a chanté le poète,

Oui mais, cent ans plus tard,

La vie est ainsi faite,

Malgré les avancées sociales

On nous voit inférieures aux mâles.

Faibles femmes, emmerdeuses,

Dans la cuisine, lessiveuses,

Femmes enfants, femmes fragiles

Que l’on consigne à domicile !

Mais les femmes, entre elles, se portent,

Et les voici beaucoup plus fortes,

Peu à peu se prenant en main,

Osant braver le masculin.

Femmes en lutte, lutte des femmes,

Âmes rebelles, rebelles dans l’âme !

Les Coréennes, en bonnes apôtres

Depuis longtemps l’ont décidé :

« Nous nous reverrons au sommet,

Soyons le courage l’une de l’autre »

Prenons donc exemple sur elles :

Soyons des femmes au naturel,

Combattons pour l’égalité,

Car à ce jour, rien n’est gagné.

N’en déplaise à Jae-Gi

Qui dans la bataille a péri,

Tae Kyun Kim l’a relaté :

L’exemple vient de la Corée.

Femmes fortes et libérales,

Femmes sociales, parfois fatales,

Qui ont depuis longtemps gagné

Le droit essentiel d’ EXISTER.

Réveillons-nous mes sœurs,

Réveillons nous, amies !

Nous ne sommes pas des fleurs,

Nous sommes un incendie !

Gibulène – 8 Mars 2021

féminisme

À la Une

Valentyne’s day (bis)

Pourquoi Bis me direz-vous ? eh bien parce que j’avais déjà écrit sur le sujet dans mon premier blog… certains s’en souviennent peut-être.

(je me fais un peu de pub en passant : https://wordpress.com/read/blogs/16267705/posts/4446)

Cette année je vous propose deux versions, ça vous permet de choisir celle qui vous correspond :

Première version : la classique

(une commande que l’on m’a faite pour insérer sur un site)

 

saint valentin 2021

 

Deuxième version, que moi j’aime bien, peut être parce qu’elle me correspond  😀  :

 

0ftWw0x

 

Voualàààààà ! up to you les copinautes. Quoi qu’il en soit, Bonne fête de (Saint/Sans) Valentin à vous.

LN  13/02/2021

À la Une

Onésime et le Dragon de Cristal (A.I. de Février 2021)

Le sujet :

Un dragon pacifiste évite la confrontation avec l’ennemi qui vient le perturber. Le dragon c’est vous, comment vous déferez-vous de l’importun??? Challenge : placer les mots baragouin, buffle, et méphitique…………….. et aller déposer le texte chez Frog, (https://frogsblog7.wordpress.com/) comme nous l’explique avec talent Carnets Paresseux (https://carnetsparesseux.wordpress.com/)

 

Je me nomme Shôton

Le dragon de cristal

Né de cette explosion

Déchirant les entrailles

De Gaïa notre mère…….

Je règne sur la terre

Du Monde du Milieu

à mi-chemin des dieux.

Ce matin, je pressens

Un danger imminent !

Dans un bruissement d’ailes

Est arrivée la Fée

Répandant autour d’elle

Sa lumière bleutée.

Un danger supérieur,

Oui, tel est son message…

Un loup ? un prédateur

Vient troubler mon rivage.

Onésime, il se nomme,

C’est un petit de l’Homme

Venu éliminer

L’ennemi, le danger.

Loin d’être belliqueux

Je prône, et j’en suis fier

Qu’un bon discours vaut mieux

Qu’une inutile guerre !

Comment le convertir ?

En le voyant venir

Avec son œil inquiet,

Je me dis que je vais

Pouvoir l’apprivoiser.

Comment y parvenir ?

Le voilà qui approche !

Par mon éclat inné

Un instant aveuglé,

Il s’accroche à la roche.

D’un souffle méphitique

Je l’ai anesthésié,

Préparant mes répliques

S’il veut baragouiner.

Il me jauge, évalue

Le combat à mener…..

Pense avoir la berlue

Lorsque je lui remets

A distance, bien sûr,

Pour ne pas l’effrayer

Un cadeau de mon cru.

L’Humain, ça me connaît

Surtout lui, un cœur pur !

Ces nounours en guimauve !

Comment y résister…

Onésime, le pauvre

De suite a succombé !

Sur mon aile en cristal

Confortable, il s’installe.

Il doit être du Buffle :

Son humeur est égale.

Il caresse mon mufle,

Son geste est amical…

Il m’a apprivoisé !

Finalement des deux,

C’est lui qui a gagné !

Je formule les vœux

D’une longue amitié.

Gibulène – 7/2/2021

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À la Une

Petits délires entre amies…..

 

Quand on retrouve dans les archives photos des petits dessins sympas dont l’original s’est perdu…. issus d’un challenge entre amies, je ne sais plus lequel d’ailleurs. Il s’agissait d’images tiroirs qui faisaient suite à l’un de nos dialogues loufoques d’alors (2008). Je les pose ici pour ne pas les perdre trop vite, ils ont d’autant plus de valeur que l’une d’entre nous n’est plus là pour les voir. Nous étions les « Trois Glorieuses », les deux qui restent le sont beaucoup moins……..

Et hop ! dans la boîte !!!

Gibulène – 01/02/2021

À la Une

L’âtre (clin d’oeil à Simonu)

 Voir l' âtre incandescent
 Qui réchauffe nos âmes
 En ravivant la flamme
 De nos rêves d'enfants,
 C'est humer à nouveau
 Le bon chocolat chaud,
 La tartine pain beurre
 Qu'on avait à quatre heures.
 Dans la braise et le feu,
 C'est retrouver un peu
 Le rire et le bonheur
 De l'enfant intérieur,
 Sa joie, son insouciance,
 Ses souvenirs d'enfance,
 La chaleur d'un foyer
 Depuis longtemps quittés. 

P1330303 - CopieV12P

Gibulène – 22/01/2021

À la Une

Onésime en Absurdie (A.I. Janvier 2021)

Consignes de cet Agenda, géré de main de maître par Carnets Paresseux ici : https://carnetsparesseux.wordpress.com/2021/01/03/en-villes-etrangeres-agenda-ironique-de-janvier/ :
ce mois de janvier, je vous propose de raconter une première semaine en ville. Elle pourra être étrangère (comme toutes les villes qu’on voit pour la première fois), imaginaire, et ça pourra aussi être plusieurs villes, et aussi un projet, un rêve, un souhait, ou même un vrai séjour. Pas de mots imposés, sauf réverbère (parce que j’aime bien la sonorité) et Onésime (pour faire plaisir à Gibulène). La forme ? Sera ce que vous voulez, mais une liste me ravirait, en sept points si possible. Bien sûr, avec une pointe d’agenda et une goutte d’ironie. A part ça, vous avez droit à tout, du feuilleton à l’opéra (ou presque) – sauf peut-être reprendre Daniel Balavoine. Voilà : une ville, une semaine, un réverbère, Onésime, une liste en sept points. C’est tout, ou presque : une fois écrit, faudra pas oublier de venir déposer un lien dans les commentaires de ce billet. La récolte est ouverte jusqu’au 24 janvier (mais les retardataires seront accueillis avec joie). Et puis le vote courra jusqu’au 31, et de là on basculera en février et dans un nouvel agenda.

Onésime refait sa valise, mais cette fois-ci ni bermuda fantaisie ni épuisette… C’est du sérieux : il participe à un grand concours pour gagner une motobylette (c’est plus petit qu’une moto mais plus rapide qu’une mobylette, et surtout, c’est pratique pour aller au travail ! c’est un rationnel Onésime, il a tout pesé !)

La règle est simple : se rendre une semaine en Absurdie (c’est Balavoine qui chante ça se dit-il tout d’abord……… avant de se souvenir que c’était Michel Sardou, le chanteur préféré de sa mémé. Il est distrait Onésime, mais il finit toujours par s’y retrouver ! )

Bon, aller en Absurdie, mais avant faire une liste en points, un par jour de la semaine……… celui qui aura fait le meilleur récit, à lui la motobylette.

Cette liste, à l’arrivée, il lui faudra la fixer sur un vieux mur de pierre éclairé par un réverbère, pour que les autres participants puissent aussi la trouver.

Il galère pour trouver comment s’y rendre ! personne ne connaît…… Enfin, un vieil employé de la seuneuceufeu à l’air allumé (il s’était trompé d’Administration, au départ c’est pour EDF qu’il avait postulé) lui dit qu’il connaissait, et après avoir rédigé son billet à l’ancienne, sur un parchemin parcheminé, lui précisa qu’il devait partir de la gare de la Croix du Roi. Le train serait sur la voie 9 1/2. Normal se dit Onésime qui avait de la culture, la 9 3/4 s’en va à Poudlard.

Restait à établir la liste à l’aide du Routard qui bizarrement avair ajouté récemment Absurdie à sa liste…

Réchéflissons se dit-il en bon dyslexique qu’il était parfois. Il se concentra et établit sa liste ainsi.

Jour 1 – Haut Tel des Voies Âges

Jour 2 – Dupond des sous pires

Jour 3 – Radio-phérique (ancêtre de la télé du même nom)

Jour 4 – Abbé HIE de l’Absurde

Jour 5 – Le Loup, euhhhhhhh non, le Bar à Khuda

Jour 6 – Les Quatre à Combles

Jour 7 – Le Jars Daim Ex-Autique (il ne l’était plus)

Quel endroit zarbi Absurdie ! (ça c’est pour la rime). Bon ben, yapluka comme aurait dit l’ami Carnets Paresseux…….

Voilà Onésime parti…….. trouve le quai 9 1/2 derrière le poteau; le voyage est bref mais nul paysage ne défile, noyé dans un épais brouillard. Il ignore quelle est la direction prise. Au bout de deux heures environ (il n’a pas mis de montre Onésime, il se sent plus libre ainsi) une annonce : « Absurdie, UNE minute d’arrêt-buffet » Vite, le sac. juste le temps de sauter ! OUF !

Chercher le vieux mur de pierre près du réverbère, scotcher un exemplaire de sa liste….. constate qu’ANA est déjà là. Les roues de son fauteuil on laissé des traces sur le gravier, et sa liste est affichée. Il a hâte de le rencontrer -ici ou ailleurs – depuis qu’il a lu ses aventures chez Photonanie.

Parti dès potron-minet, il avait devant lui toute la journée et pouvait ainsi attaquer doucement mais scrupuleusement son programme.

Il sortit le carnet (pas paresseux) qui allait l’accompagner. Il fallait bien tout noter. C’est un appliqué Onésime !

J1 – L’ Haut Tel des Voies Âges : c’était un bâtiment surprenant. L’entrée principale étant au 3ème étage, on y accédait par une échelle métallique, façon Niouyorque. A l’intérieur tout était décalé : lorsque tu descendais un escalier, c’est seulement à reculons que tu pouvais le remonter. Les lustres étaient fixés au sol, et du robinet, côté bleu, sortait du dentifrice. Côté rouge il y avait le savon au safran, et les baignoires de chaque chambre avaient des formes bizarre. La sienne était en forme de sapin de Noël. Il comprit vite que s’il ne restait pas fier et droit comme Bar-Tabac (il y en a qui disent Artaban, mais pas Frédéric Dard. Il a des lettres, Onésime, il a tout lu San-Antonio) l’eau allait se perdre dans les branches…..

Il passa une partie de la journée à explorer et à prendre ses repères. Étrange ville où la baraque à frites ne vendait que des pâtes (pauvre ANA) et où le pain avait un goût de guimauve au beurre salé.

J2 – Le Dupond des sous pires n’était pas pire dessous que dessus, mais posé au milieu d’une rue il n’enjambait rien du tout et aucun amoureux ne pouvait y accéder. On passait juste dessous pour se rendre au pied de la montagne à laquelle Absurdie était adossée.

J3 – Le radio-phérique qui n’était pas sphérique, précisons-le ! Le troisième jour, donc, Onésime passa sans s’attarder sous le Dupond pour y accéder. Il prit son ticket et s’installa, évaluant la distance qui le séparait du sommet. Un haut-parleur diffusait à tue-tête du Balavoine (tiens, curieux se dit-il sans s’étonner davantage).

Arrivé au sommet : pas d’arrêt !!! il aurait dû s’en douter. Tant pis, se dit-il, ce n’est pas la meilleure des journées. C’est un philosophe Onésime, vous le savez ! En redescendant il s’amusa à compter les éléphants qui gambadaient sur les parois escarpées, leurs chaussons roses aux pieds.

J4 – l’Abbé HIE de l’Absurde . C’est sans état d’âme particulier et sans attente spéciale qu’il s’y rendit, poursuivant ses visites. De construction Romane et donc dépouillée, au départ, cette église était vraiment particulière (décidément se dit-il derechef) : les murs étaient recouverts de porcelaine de Limoges aux dorures un peu ébréchées. Le clocher, décoré à la Gaudi, à l’envers était posé. Aucune cloche n’y était rattachée. Le sonneur s’y rendait trois fois par jour en deltaplane afin de rythmer la vie des Administrés……… à l’aide d’un clairon. Onésime ne se fit pas prier (c’est le cas de le dire) pour l’accompagner. La vue d’en haut était à couper le souffle ! c’est ballot car il ne put claironner, ce qui perturba passablement la vie des habitants ce jour là. Onésime se jura d’être plus attentif et moins émotif pour la mission suivante.

J5 – le Bar à Khuda fit l’objet de ce cinquième jour. Il n’avait aucune idée de qui était ce Khuda dont tout le monde parlait. Mais vous vous en doutez, rien de rationnel en ce lieu non plus : les glaçons sortaient du four en flot continu et le réfrigérateur, réglé sur 122°F gardait au chaud quizzas et piches. Les sièges étaient suspendus par des lianes qui les reliaient les uns aux autres, et les boissons servies à la passoire, ce qui prenait un certain temps quand on commandait un Demi. Onésime n’était jamais pressé.. déjà il s’amusait avec une armée de ouistitis qui, de liane en liane, venaient faucher ses cacahuètes.

Cette expédition lui plaisait vraiment beaucoup. Il regrettait seulement que déjà cinq jours se soient écoulés.

J6 – Les Quatre à Combles : ce jour là fut un peu plus compliqué. Les quatre à combles étaient humides et Onésime n’avait pas prévu de cache-nez. C’est un prudent Onésime, il n’aime pas trop mettre sa santé en danger…. Il accéléra donc sa visite, et se prit le pied dans un tibia qui traînait par là….. provoquant une avalanche de tibias qui vinrent se ranger au sol en ordre xylophonique et exécutèrent illico un De Profundis en Sol Majeur. Onésime préférait Metallica…….. Il rentra donc en urgence à l’Haut Tel des Voies Âges, préparer sa valoche puisqu’au terme de sa visite du lendemain il partirait. Il constata que la porte d’entrée avait changé d’étage et s’adapta sans problème.

J7 – le Jars-Daim ex-Autique Le dernier jour commençait, le soleil pointait. Il éteignit le lustre, toujours fixé au sol, se lava les dents côté bleu, prit un bain bien vertical (vous savez pourquoi), s’habilla de printemps, et partit en sifflotant. A l’entrée, il chercha le Jars, puis le Daim, leur demanda l’autorisation officielle et pénétra dans un lieu d’une luxuriance exceptionnelle ! tous ses sens étaient en éveil : l’ouïe, avec le chant des oiseaux trompettes, la vue avec les milliers de fleurs, l’odorat avec ces parfums de vanille et de tubéreuse, le toucher, lorsque la faune locale vint le saluer……. et le goût me direz-vous ? au bout de l’allée, là-bas, un vendeur de Barbapapa ! que du bonheur.

C’est avec un peu de nostalgie qu’il repartit (en marche arrière comme il se doit en Absurdie) et reprit le chemin de la Gare après avoir remisé son cahier bien à l’abri dans la valise. Le réverbère lui servit de repère.

Un long travail de rédaction l’attendait, mais il est appliqué, Onésime, et pour la motobylette il est motivé.

Mais surtout il repart avec des images plein la tête, et c’est ça qui importe.

Quelle surprise, à l’arrivée, de trouver sa porte au rez-de-chaussée !!!

A bientôt Onésime, on croise les doigts pour toi !

Gibulène 04/01/2021

À la Une

Onésime et le Mexique – (Agenda Ironique d’Octobre 2020)

ARTICLE ENDOMMAGE – TEXTE IRRECUPERABLE – désolée

Quel est le sujet du mois ???
Ecrire, bien sûr une histoire (poème, chanson, dialogue, et tutti quanti) où le personnage se dirige en huit différentes étapes, vers la source d’une forte odeur. Cette histoire devra intégrer les quatre cartes sorties d’un jeu de carte mexicaine  et d’un tiroir . Voilà tout : un personnage, quatre cartes, huit étapes et une odeur. Forte.
……. et déposer le résultat chez VictorHugotte  😉

Pour l’occasion, Onésime reprend du service, il s’impatientait dans mon ordi !

Onésime était persuadé de ses origines mexicaines. Il ne savait pas pourquoi, sa mémé ayant farouchement nié une tranche de sa vie pourtant confirmée par une photo d’elle dans les bras d’un fringant mariachi, trouvée dans un tiroir. Le message au dos de la photo ne laissait pourtant nulle part au doute : « Para ti, amor de mi vida – tu Antonio – julio 1937 ».

À la Une

chakra Racine

J’ai rencontré Séverine Pineaux sur les réseaux sociaux en recherchant les origines d’une de ses photos.  Je l’ai contactée et lui ai demandé son accord pour publier…….. ce qu’elle a accepté sans hésiter. Je l’en remercie.

 

 

Chakras entremêlés

Deux enfants de la Terre

A Gaïa reliés

Connexion d’âmes sœurs

Voyage vers Cythère

Unisson de deux cœurs

Des racines profondes

Signes d’éternité

Elle et Lui dans LEUR monde

Un amour éternel

Dans ces regards croisés…

Bonheur intemporel

Gibulène – Août 2020

À la Une

La Rentrée d’Onésime (A.I. Septembre 2020)

C’est chez Poésie de nature (https://poesie-de-nature.com/2020/09/02/agenda-ironique-septembre-2020/) que ça se passe : Il faut donc

Nous voilà donc à la proposition du sujet du mois : raconter une histoire contenant les 4 mots suivants :

Longue-vue, chafouin, gésir, chemin 

En vous mettant dans la peau d’un animal de votre choix.

Et en intégrant la phrase et les deux strophes suivantes (Lewis Carroll dans Alice au pays des merveilles) :

« J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici. »

et

«  Tout flivoreux vaguaient les borogoves;

Les verchons fourgus bourniflaient ».

A vos plumes et poils de tous bords pour cet agenda de rentrée, en fables, affabulations, ou autre forme ! Toute la création peut être invitée, les animaux imaginaires bien sûr. Les humains sont autorisés à passer dans le paysage aussi…

Alors voilà :

Onésime est de retour…….

Il n’a pas trouvé sa jolie sirène pendant ses vacances à la mer, mais il a les yeux remplis de belles images et le cœur un peu gros de reprendre le travail.

Son seul souci, le dernier jour, fut la disparition de la plage, que ni les médias ni Carnets Paresseux ne se sont expliqués. Mais c’est un optimiste, Onésime, il se dit que ça va forcément s’arranger…

C’est aussi un prudent Onésime, il prend le train pour se rendre au boulot : ça évite les pannes, les embouteillages, et les risques d’accident sur le chemin.

La veille au soir, le ventre un peu noué, il a préparé son sac à dos avec, dedans, des masques -devenus obligatoires-, de l’eau, des kleenex, des galettes, et une longue vue pour regarder le paysage par la fenêtre.

Le train le berce, ça chante un train. Il entend soudain une voix grave : « Tout flivoreux vaguaient les borogoves, Les verchons fourgus bourniflaient !!! il était temps que je me barre »

????

Il en faut pour le déstabiliser Onésime, mais LA !!! Il réfléchit (il est posé Onésime) ! C’est quoi ce galimatias ????

Entre les deux sièges face à lui, laissés vides pour cause de pandémie, UN SOURIRE ! Oui, oui, un sourire seul, sans visage !

Le voilà rassuré ! Chat du Chester ! Salut ! Que fais-tu dans le TER Avignon-Marseille ?

Le visage du greffier apparaît progressivement, suivi de près par le reste de son corps. Son expression est plus chafouine que dans le bouquin !

Il hésite un instant, et répond : «  J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici ». Du coup, il me faut gérer mes apparitions, et c’est toi que j’ai choisi pour m’héberger…..

Aussitôt dit, aussitôt fait. La collusion est brutale ! Onésime se sent félinement envahi. Il tente d’appeler, mais ne peut que miauler……… et ce sourire niais qui lui barre le visage, ces poils partout, lui qui est un adepte des peaux bien épilées…. Quel cauchemar !

Un instant de découragement. Dans le reflet la vitre il se voit gésir sur le siège, ses grosses griffes plantées dans le tissu défraîchi… ses pensées dérivent, il rêve de croquettes, de lapin blanc, et de souris à courser….

On le secoue : sur lui des regards posés : jeune homme, nous sommes à Marseille-Saint-Charles, vous êtes arrivé !!!

C’est un pragmatique Onésime, il reprend vite pied dans la réalité ! Mais en s’enfonçant dans les entrailles de la Gare pour récupérer son Métro, il se dit qu’il faudrait qu’il arrête de dormir et de rêver, surtout dans la journée. Pourtant c’est bon de rêver, ça permet d’oublier……

En attendant la rame, par pur réflexe, il vérifie l’état de sa pilosité ! Le voilà rasséréné !

A bientôt Onésime du Cheshire, bonne rentrée !

Gibulène 15/9/2020

Merci à tous mes lecteurs de supporter cette insupportable présentation. N’étant pas douée en informatique je n’ai pas été à même de reconfigurer l’ancien Editeur, si pratique. Je ne trouve plus les photos, je ne trouve plus rien d’ailleurs….. Lorsque je suis les tutos, j’arrive à une mention me demandant de passer à la version payante pour installer le plug in….. Si je ne trouve pas le mode d’emploi cela marquera vraisemblablement la fin de mes exploits épistolaires…. Vous me manquez déjà mais je ne suis pas faite pour le changement – Je continuerai de vous suivre toujours avec le plus grand des plaisirs.

Hélène

À la Une

Les vacances d’Onésime (A.I. d’Août 2020)

Consignes fournies par Iotop qui gère de main de maître l’Agenda Ironique de ce mois d’Août sur son blog   https://ledessousdesmots.wordpress.com/
Le thème : plage
J’explique : je n’aime pas le contenant plage (bord de mer) en général mais j’apprécie son contenu. Cependant, il est intéressant d’élargir le champ : plage, comme par exemple : plage horaire, plage de mots, plage d’un navire, plage de bouteilles, plage de livres, plage de naturistes, plage arrière d’un véhicule … etc etc
Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la plage de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaira (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique …) le tout … Ironique.
Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– Flot
– Argile
– Perche
– Monoï
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Onésime en a ras le peaupeau de la ville, il a décidé que pour ses prochaines vacances il ira voir la mer…..

Il s’y voit déjà : une vaste plage de sable fin et blanc, quelques palmiers…. Au loin, sur les rochers, une statue d’argile tournée vers l’horizon : un sportif qui brandit une perche (drôle d’idée cette sculpture soliloque-t-il, pourquoi est-ce que j’ai pensé à ça ? Peut-être pour caser un mot imposé dans le programme ??? )

Il reprend le fil de ses pensées : une jolie plage, oui, tranquille si possible, mais il ne faut pas rêver…. en tous cas pas une plage de nudistes, non, il aurait honte Onésime, c’est un pudique. Une plage payante où il pourra tranquillement s’enduire de Monoï et se laisser aller au gré des flots sur son matelas gonflable en observant la plage faculaire de l’astre solaire à l’abri de ses nouvelles lunettes ultra-filtrantes achetées en vue des congés.

Il lui faut sans tarder organiser son départ. Enfin, sans tarder c’est un peu exagéré pour Onésime, il aurait tendance à procrastiner ! Il s’installe dans son vieux fauteuil, bien lové, met sur sa platine un microsillon dont la plage ondule et joue sous le saphir, et se ménage une plage de repos dans son agenda pourtant peu encombré avant d’explorer les plages horaires que propose la SNCF pour se rendre dans le Sud (le Sud c’est mieux quand on veut des palmiers).

Il fait ensuite une splendide équation pour équilibrer plage horaire et plage de prix : c’est un prudent Onésime, même s’il est rêveur il ne laisse rien au hasard et il sait se limiter à une plage de valeurs qui lui permet un bon compromis entre ce qu’il imagine et ce qu’il peut s’offrir…

Une semaine plus tard, tout est cadré… il a réservé, fait sa valise, commandé un taxi dans lequel il s’engouffre avec délice, pose son épuisette (on ne sait jamais, c’est un optimiste Onésime) sur la plage arrière et sa valise sur les genoux (et dire que le chauffeur voulait la déposer dans le coffre !!! pas question!!!). Il ferme les yeux et se prend à rêver pendant le trajet. Peut-être fera-t-il de jolies rencontres à la plage… les plages, c’est le royaume des petites sirènes au fesses rebondies et aux petits seins pommelés et tout bronzés…….. C’est un coquin Onésime, il aime bien admirer quand l’occasion lui en est donnée. Et puis, avec son tout nouveau bermuda imprimé de palmiers et de ouistitis, tous les espoirs lui sont permis !!!

Le taxi s’arrête devant la gare ! Plus le temps de rêver, on verra après…..

Bonnes vacances Onésime, on se retrouve à la rentrée !

 

Gibulène – 06/08/2020

 

 

À la Une

La vieille Tente (Atelier de Sylvie – suite)

Sujet :

En rangeant son garage, il retombe sur sa vieille toile de tente, et soudain… il se souvient !

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Il se souvient de cette année 1968, l’année de ses 18 ans, l’année de toutes les folies.

Il y avait d’abord eu cette année scolaire agitée sur fond de lacrymogènes et de barricades, ce bac qui ne ressemblait à aucun autre, mais qu’il avait décroché avec mention.

Une semaine plus tard : la petite fête organisée dans le plus grand secret par ses parents, et qui avait réuni toute sa famille….

Ce jour là, au milieu du salon resté soigneusement fermé depuis le matin, un énorme paquet-cadeau remplissait l’espace.

Minute délicieuse pendant laquelle le temps suspend son vol et où l’on savoure cette incertitude et ces suppositions… Il s’était ensuite approché, presque avec respect. Le silence s’était fait autour de lui… l’impatience était tangible.

Une étiquette en guise d’indice : « Trigano ». Du sport ? Mais encore ???

Et puis il avait dénoué l’immense ruban et découvert cette tente d’un bleu vif au logo tricolore précisant « made in France », soigneusement rangée dans son sac de transport. Elle n’était pas seule dans l’emballage : un sac de couchage et des accessoires divers l’accompagnaient.

Il était perplexe : comment interpréter ce cadeau ? Ses parents ne l’avaient jamais autorisé à s’éloigner du paternel logis….

Au milieu de tout de fatras, une enveloppe. Il s’en était saisi, curieux du message qu’elle ne manquerait pas de lui délivrer. Derrière lui, la famille -de toute évidence dans la confidence- trépignait d’impatience……

Et la surprise avait fait place à l’émotion lorsqu’il avait déchiffré :

«Pour notre Tanguy : Bon pour DEUX semaines au camping Paradis, du 15 au 31 Juillet 1968, avec tes potes Tic, Tac, Plic et Ploc. (parents ok, réservation validée). Et BRAVO pour tes résultats !!! »

Il en restait abasourdi !!! En voyant la surprise émerveillée se peindre sur son visage, ils avaient applaudi, et avaient ensuite tous ensemble fêté ce joyeux événement.

Ensuite était venu le départ en Bus vers La Couronne avec ses quatre potes. Ils ne s’étaient même pas retournés pour voir les mains des parents s’agitant dans un au revoir qui masquait les inquiétudes.

L’arrivée au camping où Tom les avait accueillis, les repérages, la longue bataille des néophytes qu’ils étaient contre les piquets et la toile dont ils ne maîtrisaient pas le montage, la ruée vers la plage…….

Quel été !!!

Et puis il y avait eu la petite Émilie, son sourire coquin, ses petits seins en pomme à peine dissimulés par le bikini minimaliste, et son baiser furtif et sucré sous la tente….. elle s’était enfuie en riant, le laissant tout troublé et déjà amoureux !

Il y avait eu d’autres étés, d’autres campings, et d’autres Emilies…… mais jamais il n’avait retrouvé cette intensité des premiers instants et des premiers émois.

La vie avait déroulé son film, et la tente, usée et ternie, avait été rejoindre d’autres vieilleries dans le grenier.

Ce matin, en la retrouvant, recouverte de poussière, ses yeux s’embuaient….

Une voix, venue de la maison, le ramena ici et maintenant, dans la réalité prosaïque du quotidien :

TANGUYYYYYYYYY ! Tu as trouvé les tapettes à souris ?????????

trigano

Bonnes vacances à tous…….

Gibulène 8/7/2020

À la Une

Sanctuaire de Notre-Dame des Lumières

Petite escapade en compagnie de mon amie Ghislaine qui m’a fait découvrir ce lieu tout à fait extraordinaire………

Au bord d’une ancienne branche de la route nationale D900 qui relie Apt à Cavaillon, logée entre la large vallée du Calavon et une roche abrupte percée d’anciens abris troglodytes, se dresse un monument d’importance majeure aux yeux des habitants pieux du pays : le sanctuaire Notre-Dame-des-Lumières. Car si l’on en croit l’histoire locale, ce site est un lieu d’apparition.

C’est en 1661 qu’un paysan du village voisin de Goult, Antoine de Nantes, atteint d’une blessure au ventre, aperçoit dans un champ un phénomène étrangement lumineux. Au centre de cette vision se trouve un enfant, « le plus bel enfant qu’il eût pu s’imaginer ». Désirant le prendre dans ses bras, l’agriculteur ressent à cet instant un soulagement de sa douleur physique : la blessure est guérie.

La nouvelle du miracle se transmet rapidement dans la contrée, et bientôt un pèlerinage local est organisé sur les lieux-mêmes. La chapelle la plus proche, qui s’appelait Saint-Michel in Balma et qui remontait à 1031, est agrandie ou plutôt surmontée par une construction monumentale. Notre-Dame des Lumières est fondée.

Ultérieurement, les religieux et fidèles firent de Lumière un pèlerinage à Marie.Deux ans plus tard, un sanctuaire y fut élevé et, en 1699 dédié par Mgr Jean-Baptiste de Sade, évêque de Cavaillon, à Notre-Dame de l’Éternelle Lumière ou plus brièvement nommé Notre-Dame de Lumières.

Le Père Michel du Saint-Esprit, Carme réformé du couvent voisin de Saint-Hilaire, fut à la fois le premier historien de ce pèlerinage et le premier gardien de ce sanctuaire. L’ouvrage du Père Michel du Saint-Esprit, qui s’ouvre également à la vie religieuse en Provence au XVIIe siècle, témoigne des nombreux miracles alors répertoriés, deux cents entre juin 1663 et janvier 1666.

La révolution dispersa les carmes alors présents et fit procéder à la vente du sanctuaire, qui put cependant être racheté ultérieurement par Mgr Eugène de Mazenod, évêque de Marseille. En 1837, le sanctuaire fut confié aux Oblats de Marie, fondés par saint Eugène de Mazenod. Les pèlerinages reprirent et la Vierge de Lumières fut solennellement couronnée en 1864.

C’est toujours un lieu de pèlerinage où la statue d’une Vierge Noire est chaque année montée en procession, le 15 août, jusqu’à Saint-Michel de la Baume. Un pèlerinage a lieu également pour le 8 septembre, fête de la Nativité de la Très sainte Vierge Marie, et le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception.

Le sanctuaire est construit dans un grand jardin fleuri et arboré. Sur le sentier, une cascade, un bassin, plusieurs statues, des niches creusées dans le roc, autrefois sans doute occupées par des ermites, … En haut du parcours, d’où la vue domine la vallée, on parvient à la modeste chapelle Saint-Michel, construite devant une baume naturelle, encerclée par des arbres séculaires.

Sources :
Sur place, mais aussi :
http://chapelles.provence.free.fr/goultnddeslumieres.html
http://pelerinagesdefrance.fr/Notre-Dame-de-Lumieres

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et sur la route toujours la magnificence des champs de lavande :

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Une énergie très forte en ce lieu qui de prime abord ne paye pas de mine. J’espère que la balade vous a plu.

 

Gibulène 2/7/2020

 

 

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De mandarine à clémentine (Atelier de Sylvie – suite)

De Mandarine à Clémentine

Challenge : Mandarine, convaincue de ne pas être assez charnue, s’était faite repulper. Puis elle avait changé de nom. Maintenant on devait l’appeler Clémentine. (imaginez l’histoire sans vous cantonner à une histoire d’agrumes).

– – – – – – – – – –

Mandarine, convaincue de ne pas être assez charnue, décida d’y remédier.

Depuis son adolescence elle détestait l’image que lui renvoyait son miroir. Malgré une alimentation hautement calorique, elle avait toujours l’allure d’un petit oiseau déplumé, allure renforcée par la coupe de cheveux en pétard qu’elle avait adopté par effet de mimétisme. Paradoxalement, ses fesses, elles, s’habillaient de peau d’orange……..

Le jour de ses 18 ans, elle se décida à consulter. Le Docteur Maboul, tout juste trentenaire mais fort réputé dans ce domaine fut choisi pour accomplir le petit miracle…..

Étant bègue de naissance, il s’y reprit à plusieurs fois, mais le résultat était là : les pommettes s’étaient remplies, l’arrête du nez ne piquait plus, et la bouche à la Marilyn arborait enfin un sourire désarmant qui faisait la fierté de son sculpteur !… et ne parlons pas de ses deux petits seins qui pigeonnaient fièrement, lui permettant de roucouler à souhait.

Mandarine se trouva presque à son goût… mais seulement presque……. il lui fallait se débarrasser aussi de sa peau d’orange !!! Le Docteur Maboul, qui ne demandait pas mieux, fut de nouveau mis à contribution….. La jeune femme était, cette fois-ci, transformée.

Une évidence s’imposa à elle : après tant de changements, celui de son identité s’avérait indispensable.

  • Quel est votre prénom, Docteur ?

  • Clément, répondit-il, et je vous aime.

  • Je serai votre Clémentine, susurra-t-elle en se lovant dans ses bras.

Ils se marièrent l’année d’après, et bientôt la maison se remplit de petits mabouls aussi jolis que leur maman.

Gibulène – 11/06/2020

 

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Crédit photo Pinterest @fernandasuarez

 

 

PS vous noterez que je continue dans le chamallow gentil……… ça fait du bien 😀

 

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Onésime et les bruits (A.I. de Juin 2020)

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Pour l’agenda ironique de juin, l’impossible devient possible ! A partir de la citation de Lewis Carroll et des illustrations proposées, imaginez que l’impossible devienne possible.
Petite contrainte supplémentaire : il faudra débuter votre récit avec la phrase d’ E Allan Poe : « L’été, la nuit les bruits sont en fête » et le terminer avec celle de Lewis Carroll (encore lui!) : « Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. »
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L’été, la nuit, les bruits sont en fête…. en cette personne où tout le monde sortait d’un enfermement douloureux, la vie explosait et débordait tel un torrent trop longtemps contenu.

Onésime se vêtit de son plus joyeux costume en ce soir de pleine lune : lunettes fluo, veste à paillettes arc-en-ciel, et bermuda. Point besoin de chaussettes dans ses Sneakers à semelles lumineuses. Le nec plus ultra selon ses propres critères ! Prêt pour la fiesta.

Il se laissa guider par le bruit pour rejoindre la foule démasquée sur la place principale du village transformée en guinguette.

Son arrivée ne passa pas inaperçu. Mais c’est un gentil, Onésime, il ne vit dans ses regards que bonhomie et gentillesse. Il ne capta ni railleries ni condescendance…

Il évolua donc tranquillement, écouta la zique, fit deux ou trois tentatives infructueuses pour engager la conversation, et autant pour inviter des demoiselles qui s’enfuirent en sursautant avec une élégance plus que mesurée.

Puis la migraine arriva. C’est un calme, Onésime, le bruit, il ne supporte pas ! Son besoin de contact social n’étant pas à la hauteur de ses espérances, c’est vers d’autres horizons que, cahin-caha, il se dirigea.

Il avait, le matin même, consulté une cartomancienne aux longs cheveux noirs retenus par un foulard…. elle lui avait dit que ce n’était pas auprès des gens qu’il trouverait un sens à sa vie, mais au cœur même de la nature.

C’est tout naturellement qu’il se dirigea vers la forêt toute proche, loin des flonflons de la fête qui s’atténuaient. Ses Sneakers fluo éclairaient ses pas tels des lucioles.

Un lièvre le salua :

ça va, Onésime ?

Ça roule ma poule répondit-il incongrûment.

Il lui arrivait tant de choses bizarres au contact de la nature, qu’il en était arrivé à penser que fort peu de choses étaient impossibles.

Il devisa donc avec beaucoup de naturel avec les animaux qui croisaient son chemin, les arbres, et même la lune, la félicitant de sa pleine forme

Dans la tiédeur de l’été c’était la vie qu’il écoutait, qu’il avalait goulûment ! Le moindre souffle d’air faisait frémir les feuilles, quelques oiseaux de nuits passaient dans un bruissement d’ailes, et la rivière qui passait à proximité faisait chanter son eau sur les cailloux.

Les poissons argentés devenaient translucides et s’envolaient à tire d’aile, semblables à des vols d’oies sauvages. Peut-être allaient-ils rejoindre Nils Holgersson en Suède ???

Il s’assit sur une souche sèche (!) pour mieux s’imprégner de cette musique que la nature lui offrait. Rien à voir avec la cacophonie des agités du village. C’est un contemplatif, Onésime ! Il était plus que jamais dans le « Ici et Maintenant ».

Une chouette se posa à ses côtés et le dialogue s’engagea. Ils s’en dirent des choses : elle lui raconta les vols de nuit, la vie nocturne de la fôret, la lune et les étoiles…. Lui, n’avait rien de poétique à raconter. Il lui narra l’enfermement, la libération des hommes, le bruit et les excès.

Elle s’étonna de le voir aussi serein et détaché :

N’as-tu pas tenté de communiquer avec tes semblables avant de venir te tapir ici ?

Les hommes sont d’étranges animaux, sais-tu ? Ils ne sont pas dans l’échange et n’écoutent pas… Ils s’écoutent !!!…. Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive !

_ _ _ _ _ _ _

Laissons-les à leurs confidences, ces deux là, cela ne nous regarde pas. Je n’ai personnellement jamais parlé à des brouettes, mais il m’arrive de rencontrer des charrettes !

Gibulène 6/6/2020

 

 

 

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Les P’tites culottes (Atelier de Sylvie – suite)

LES PETITES CULOTTES

Le thème :

Deux petites culottes éhontées séchaient sur le rebord d’une fenêtre. Soudain une voix s’écria : 22, v’la les slips !!!

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La petite culotte rouge se mit à frétiller des dentelles. Une petite visite n’était pas pour lui déplaire. Elle se refit une beauté, tentant de cacher la couture qui s’était défaite un soir de fiesta endiablée, lui donnant un côté bohème et décontracté.

Sa compagne, un peu plus potelée, était blanche et satinée. Sa propriétaire n’était plus une jeune adulte, mais ses aventures n’en restaient pas moins échevelées si l’on peut dire…. les deux avaient adopté le prénom de leurs propriétaires respectives pour plus de simplicité. C’était souvent comme ça dans le monde des petites culottes…. Fiona était donc le petit string rouge, et Brigitte la Tanga vespérale.

C’était un des jours de lessive dans le petit hôtel de passe où il faisait bon sécher au soleil sur ce rebord de fenêtre………. mais les slips arrivaient, c’est leur copine M’ame Claude qui les avait averties….. Ils étaient en route pour la grande lessive, et le mercredi, c’était le jour de Rocco et de Freddy………

Un glissement de pantoufles les avisa qu’il était temps d’agir. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois qu’elles faisaient cela. Sans se concerter, elles profitèrent de la caresse coquine du zéphyr pour…. pfuiiittt se laisser tomber tout en légèreté dans la grande bassine qui sous la fenêtre passait. Puis profitant du mouvement, elles s’arrangèrent pour se rapprocher de leurs galants. Rocco était sombre et mystérieux. Il faisait le bonheur de Brigitte. Quant à Freddy, qui portait avec humour des petits cœurs, il donnait des palpitations à Fiona.

Il fallait faire vite, dans quelques secondes il serait trop tard : vite se rapprocher, mêler les élastiques, et tenter l’aventure ensemble !

Ca y était : fusion réussie avant le grand chambardement : le glissement vers le tambour d’inox, le déclic, l’immersion, enlacés dans les bulles savonneuses, et le bouquet final : cette accélération en forme d’orgasme qui leur faisait inévitablement tourner la tête….. Le calme revenait enfin, les sens s’apaisaient. Un dernier clic et le hublot les délivrait, les rendait à l’air pur et à la sieste chargée de promesses dans le jardin aux odeurs de jasmin. Un dernier instant d’ivresse suspendu(e)s sur le fil et sous la caresse retrouvée du vent d’été…..

Lorsque, ce soir là, Fiona et Brigitte rentrèrent, elles ne comprirent pas comment leurs petites culottes étaient passées de leur fenêtre à l’étendoir où elles durent aller les récupérer. Mais quand elles les virent si soyeuses, si joyeuses, elles cessèrent de s’interroger….. de toutes façons, qu’est-ce que ça faisait ????

Gibulène – 22/05/2020

 

 

lessive

 

 

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Jouons avec les mots – Dico Débonnaire 17/20 et Atelier de Sylvie (2)

Vous voyez passer bien des extraits de mes différentes interventions dans les jeux d’écritures, que ce soit l’Agenda Ironique, le Dico débonnaire, et depuis peu les Ateliers de Sylvie (qui n’a pas de blog, ça se passe sur skype)…..
Du coup, à partir de l’idée d’Ecri’Turbulente sur le Dico débonnaire, j’ai fait un mix pour les Ateliers de Sylvie…. Je vous explique :
Dico débonnaire : 
Vous connaissez le principe :
Le lundi, je propose un mot. Un mot, un vrai, un qu’on peut trouver dans n’importe quel dictionnaire de bonne facture. Un mot, parfois très contemporain, mais parfois aussi un peu désuet, oublié, ou peu usité.
Vous avez jusqu’au dimanche à midi, pour proposer une définition étymologique et rocambolesque de ce mot, définition à assortir d’une citation abracadabrantesquement  imaginaire. Autrement dit, vous écrivez une phrase ou deux pour illustrer votre définition.
Atelier de Sylvie :
Nous repartons du même mot. Je leur ai suggéré de dire (toujours de façon fantaisiste, ce que le mot pouvait être….. et nous avons rajouté la création d’un courrier à partir de ce mot…..
Evidemment je ne me sers pas du travail fait chez Ecri’Turbulente pour l’Atelier de Sylvie, sinon c’est pas du jeu comme on disait à l’école…….

 


MOT DE LA SEMAINE : NYCTALOPE   😮

DICO DEBONNAIRE  (17/20)

Néologisme créé par les djeuns pour exprimer en sms leur désir de sortir la nuit. Un raccourci en quelque sorte, qui signifie la nuit s’étale (genre elle arrive), hop (sous entendu hop, on sort). En découpage ça donne : la nuit c tal op !

A noter que le Y provient d’une faute de frappe initiale due à la proximité du u et du y !!! nuit s’est transformé en NY (vous suivez ? ) donc NY-C-TAL-OP(E au féminin).

On peut ainsi lire des dialogues zarbi comme celui-ci :

  • CC (coucou)

  • SLT, KOI 2 9? (salut, quoi de neuf)

  • NYCTALOPE OKLM? JPP! (on sort cette nuit, au calme ? J’en peux plus!)

  • DSL, PAS AUJ, J’TAPL DKEJ’pE (désolée, pas aujourd’hui. Je t’appelle dès que je peux)

  • @+
  • SLT

Nos Académiciens, à court de mots, ont récupéré celui-là en argumentant que si on sort la nuit, c’est qu’on y voit…..

Ils ont donc inventé une histoire selon laquelle ce mot viendrait du latin NYCTALOPS
attesté dans les deux sens « celui qui ne voit pas la nuit », et également « celui qui voit bien la nuit », une confusion qui s’est perpétuée au fil des siècles, dans la langue Française.
 Ce ne serait qu’au début du XIX ème siècle que l’on aurait résolu ce problème, en choisissant l’un des deux une bonne fois pour toutes: Nyctalope serait celui qui voit bien la nuit.

– – –

ATELIER DE SYLVIE (2)

(Nom Propre masc.sing. – Néologisme)

Jeu télévisé né à New York (NYC) dans les années 2000. Son but est de découvrir des talents (TAL), une autre version de THE VOICE en quelque sorte.

Lorsqu’un talent est validé par le jury, le présentateur s’écrie «HOPE» (qui signifie «espoir» comme tout le monde le sait).

Le jeu a donc pris tout naturellement pour nom le concentré de ces informations NYC – TAL – HOPE;

Pour des raisons pratiques, et parce que tout le monde se fiche pas mal de l’orthographe, le H a disparu……

A noter que cette émission se déroule toujours de nuit. Le jour elle passerait inaperçu. Les nouveaux élus sont, par extension, des nyctalopes eux aussi.

Pour s’inscrire, il faut simplement y voir la nuit, et poser sa candidature par écrit. Voici un exemple de courrier:

 

Monsieur le Directeur
Emission NYCTALOPE
rue J. Voilanui
85350 ILE D'YEU

Monsieur le Directeur,

J’ai l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance l’opportunité de passer dans votre émission, et me tiens à votre disposition pour toute sélection que vous voudrez bien me faire passer, de préférence de nuit, car, atteint de nyctalopie, il m’est difficile de me déplacer le jour.

Dans l’attente de votre réponse qui, je l’espère, sera positive, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur de l’Émission Nyctalope, en l’assurance de ma considération visuellement distinguée.

NB: pour les futurs nyctalopes, je précise qu’il est bien vu, le Siège Social étant aux États Unis, de rédiger ce courrier en anglais.

Voilà, on s’amuse………… enfin moi, JE………..  😉 par contre j’ai un peu de mal avec la mise en page du copier/coller, mais ça n’empêche pas de s’y retrouver je suppose.
Bonne fin de semaine à tous……… pour le prochain post je mettrai quelques photos ça changera.
LN – 29 / 04 /2020

 

 

 

À la Une

Le pépé d’Onésime – Agenda Ironique d’Avril

Les règles du jeu chez Carnets Paresseux  (https://wordpress.com/read/feeds/16382982/posts/2647785980)  :
des fonderies et stéréotypie de François-Nicolas Gromort. Ce qu’on en fait ? on en choisit au moins trois, au plus tant qu’on veut, on les range dans un sens ou dans un autre et on raconte l’histoire qu’elles racontent, en suivant l’ordre des images. Poème, rébus, conte, chanson, feuilleton en X épisodes, on peut faire tout ce qu’on veut tant qu’on ne perd pas le fil et qu’on s’arrête bien le dimanche 26 avril. Agenda ironique oblige, une goutte de calendrier, un soupçon de temps qui passe et une pointe d’ironie seront bienvenues. Et puis quelques mots imposés – qu’on pourra oublier ou contourner – giboulée, zébu, cognassier et riboulaine (ce qu’il veut dire, celui-là ? ça sera l’occasion de l’inventer).

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ONESIME A LA RECHERCHE DE SES ORIGINES

L’arrière-grand-père d’Onésime n’était pas d’origine européenne. Il était arrivé des îles lointaines, un 20 de Brumaire de l’An 14 à bord du « Toussaint », un vieux trois mâts aux armoiries indistinctes, après avoir essuyé une tempête effroyable. Pas une simple giboulée, non, un phénomène météorologique hors normes : des éclairs zébrant le ciel tel la foudre de Zeus, des nuages en tornades, des vagues en forme de murs, comme un signe de fin du monde….

C’est dire que Pépé n’était pas frais lorsque l’équipage accosta…….

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Onésime avait toujours entendu parler de cette histoire qui lui apparaissait comme une légende et qui se racontait dans la famille, lors des longues soirées d’hiver devant la cheminée.

Et puis un jour il avait trouvé, dans une malle, au grenier, un cahier rempli de notes calligraphiées avec soin et qui détenaient des trésors d’information.

Il avançait donc coûte que coûte dans les méandres de ces souvenirs, aussi fabuleux que farfelus.

Pépé s’appelait Brutus PATAPAPIER. Agriculteur de métier, il avait longtemps roulé sa bosse. Un jour, las de ses aventures, il décida de réaliser son rêve et d’aller s’installer là-bas, de l’autre côté de l’océan.

Passionné d’agriculture, il emporta avec lui un plan de cognassier qu’il espérait replanter ailleurs, plus tard.

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Il lui donnerait son nom et deviendrait célèbre, scellant ainsi son ancrage sur ces nouvelles terres à la conquête desquelles il partait.

Il entreprit le chemin qui le mènerait au Port le plus proche à dos de zébu, calant son maigre bagage sur la bosse du bovidé. Il avait emporté pour se sustenter une énorme portion de riboulaine. C’était un plat insulaire fait de riz en boule que l’on cuisait après l’avoir roulé dans un bas de laine, d’où l’origine de son nom. Brutus s’appliquait à noter dans son cahier les moindres détails, y compris ces improbables recettes qui feraient deux siècles plus tard les délices de grands chefs cuisiniers……

Bref, revenons au voyage : Brutus emporta donc de la nourriture mais rien à boire, car il était parfaitement conscient que, selon le vieil adage, « quand zébu, z’ai plus soif ».

A cet instant de sa lecture, Onésime s’interrompit pour réfléchir à la profondeur de ce qu’il venait de lire …. ça le laissa profondément père-plexe, ou plutôt arrière-grand-père-plexe !!!

Il reprit, se plongeant, si l’on peut dire, dans les détails de la traversée : le zébu resté à quai, les rats montés à bord, le cognassier qui résistait, les vieux matous nauséeux qui miaulaient, le sac de jute sur lequel Brutus dormait…. et les nuits dantesques avant d’accoster.

Onésime était fasciné : c’était un peu de sa préhistoire qui s’écrivait : Brutus PATAPAPIER arrivé d’on ne sait d’où à dos de zébu, puis en nausée, avait osé !!!

Le cognassier, il l’avait planté, et bien d’autres encore sur le petit lopin de terre qu’il avait acheté. Il avait longuement labouré, cultivé, greffé.

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Et Brutus, le roi du coin, était devenu l’empereur des coings !!!

  • « Onésime, viens manger ta confiture !!!

A regret Onésime referma le chapitre des coings et posa le cahier dans un coin. Il prit le temps de noter, avant d’aller goûter, quelques mots-clef en guise de résumé :

PÉPÉ → ILE → COGNASSIER → ZEBU → LE TOUSSAINT → ACCOSTAGE → LOPIN → COIN → ROI DES COINGS .

Il comprenait enfin pourquoi la fabrique familiale portait le nom « LE ZEBU DES ILES ». Lui aussi, un jour, serait un grand confiturier………..

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Ça vous a plu ?

Finir sur une note sucrée,

ça adoucit la soirée…..

les confitures

ça fait du bien quand les temps sont durs !

Bonne semaine

Gibulène – A.I. Avril 2020

À la Une

Les ateliers de Sylvie – No 1

Partir d’une phrase « accroche » et en faire un texte qui peut être court, long, en prose, en vers…… l’idée étant juste de rebondir.

La phrase de de 31 mars était :

Lisa dormait encore, mais elle eut soudain l’impression qu’elle se soulevait de son lit et que son corps montait dans les airs…. une petite voix tout près d’elle se fit entendre………

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Lisa dormait encore, mais elle eut soudain l’impression qu’elle se soulevait de son lit et que son corps montait dans les airs…. une petite voix tout près d’elle se fit entendre :

 

– S’il te plaît, dessine-moi un mouton !

Quelque chose clochait ! Elle voulut s’asseoir mais n’y parvint pas.

Un ruban d’étoiles passait à proximité. Elle s’y agrippa et put passer à la verticale.

La petite voix, de nouveau, résonna :

– S’il te plaît, dessine-moi un mouton !

Elle regarda autour d’elle, dans ce décors modifié qu’elle ne connaissait pas : un horizon de pierres et de sable…. et, tout proche, le Petit Prince qui lui tendait un papier et un crayon.

Était-ce possible ?

Il fallait se rendre à l’évidence : elle était entrée dans ce livre qui ne la quittait jamais ! elle avait franchi le miroir……..

Il lui faudrait un jour revenir de l’autre côté.

Mais ça, c’est une autre histoire !!!

Gibulène 31/03/2020

 

mouton du petit prince

 

À la Une

Printemps

J’ai dû déjà publier ce texte dans le cadre d’une série……… mais aujourd’hui, isolé, il est de circonstance !

 

 

 

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Naissance, renaissance

Après l’obscurité,

Appel de tous nos sens

A la vie retrouvée.

La terre à nouveau s’éveille

Et se réchauffe au soleil.

Fermer les yeux et RESPIRER,

Rejeter la morosité,

Sentir en SOI

Monter la joie.

Gibulène – 2019

 

Ne voyons que le positif. Bon courage

LN 20/3/2020

 

 

 

 

 

 

 

À la Une

Initiation

 

Le chamanisme m’interpelle depuis pas mal de temps. Déjà passionnée de sophro et de lithothérapie, réceptive aux méditations, je me suis dit qu’il fallait au moins que je m’initie………. et voilà qu’une journée de formation s’organise pas très loin de chez moi !!!

J’y suis allée avec angoisse comme à chaque fois que je fais quelque chose d’inhabituel… mais quelle expérience enrichissante ! aucun regret.

La force des vibrations émises par 25 tambours chamaniques en simultané est insoupçonnable ! on ne s’arrêterait plus……… pour le reste, il faut aimer l’ésotérisme, et moi j’aime……. mais une méditation est personnelle, elle ne se raconte pas vraiment ! ça m’a juste inspiré un texte, comme à chaque fois.

 

 

Le son des tambours a vibré,

et nous vibrons à l’unisson.

Un cercle, entre nous, s’est formé,

puis nous rentrons en connexion.

La force de nos énergies

en un vortex se réalise,

et ce fil d’or qui nous relie

permet qu’elles se canalisent.

Voyage fort, initiatique,

nous venons et nous repartons

dans deux des mondes chamaniques

au rythme de nos vibrations.

Dans une ultime communion

résonnent les tambours chamanes;

nous laissons un peu de nos âmes

assurés que nous reviendrons

Gibulène – 8/3/2020

Bonne semaine à tous

Gibulène – 8 Mars 2020

À la Une

Le mois des fous – Agenda Ironique de Mars 2020

Nous repartons dans une nouvelle aventure dont les consignes sont les suivantes :

Ce mois-ci, il s’agit d’écrire, de décrire, raconter, imaginer que vous êtes dans le moi d’un fou. Vous allez parler de ce que vous voyez, ressentez, imaginez, de l’intérieur de ce moi fou, en vous mettant à la place d’un de « ces êtres étranges et dérangeants » que sont les « fous ».
Sauf que bien sûr, il y a une contrainte !
Il vous faudra insérer, là où vous voudrez, la phrase suivante :
« Monsieur Popples a des yeux de framboises et se demande connaissance et contoise ».
– Je vous prie de rester courtois, voyons !


 

Il fait frisquette, j’hésite à mettre les pieds dehors, d’autant qu’ils sont devenus tellement autonomes que je ne maîtrise que difficilement ma destination.

Dans mon sac à dos, j’ai mis en vrac une boussole, un bocal de cornichons, 3 mouchoirs rayés, une loupe et une plume de flamant rose….

Depuis quelques jours je ressens comme un vent de folie qui circule et je me demande si, tout compte fait, je ne circule pas avec lui !

Au moment où je me hasarde à l’extérieur, le lapin blanc passe, me demande l’heure, et détale sans attendre la réponse.

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j’avance donc, sur la pointe des orteils pour ne pas réveiller le chat qui dort….

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Des questions existentielles s’imposent à moi. Je m’interroge :

– Un aveugle qui prédit l’avenir est-il un voyant ?

– Un sourd muet qui parle avec ses deux mains est-il ambidextre ou bilingue ?

– Pourquoi les magasins ouverts 24h/24 7j/7 ont-ils des serrures ?

Je croise un voisin qui soliloque lui aussi. 1515 marmonne-t-il ! il doit revenir du Bureau de Poste. Il est philatéliste et numismate. Je le salue comme il se doit, et tente d’engager courtoisement la conversation :

  • Monsieur Popples a des yeux de framboises et se demande connaissance et contoise », lui dis-je en souriant.
  • Je vous prie de rester courtoise, voyons ! répond-t-il, furieux ! vous savez bien que je suis allergique aux fruits rouges !!!

La réponse est sans appel. Je poursuis, confuse, ma promenade. Je ne compte qu’un pas sur deux pour ne pas m’éloigner trop vite. Une motobylette me double, conduite par un lama cracheur. Sur le porte-bagages, blotti dans une théïère chaotique, un petit escargot ( 😉 ) vit l’aventure de sa vie et se prend pour Alain Prost.

 

théïère

 

Je leur lance un signe de main, et réalise que ce sont mes pieds qui s’agitent ! je finis par marcher sur la tête !!!

Au détour du chemin j’aperçois Alice qui papote avec le chapelier. Je leur offre des cornichons qu’ils s’empressent de tremper dans leur thé. Encore quelque chose de bizarre : ils n’ont même pas aperçu la cagouille de la théïère ! incroyable, non ??? cette constatation entraîne illico une nouvelle question dans mon cerveau :

-Combien, à New-York, y a-t-il d’accordeurs de piano ????

Découragée par mon ignorance crasse, je décide de faire demi-tour et de rentrer. Je prends ma boussole, l’oriente vers Mars, et je trace…….. (en vérifiant, de temps en temps, avec la plume de flamant).

Boby m’attend, à la maison. Il a invité sa copine Avanie à passer la soirée…… elle a les yeux framboises.

boby

 

Au fait, j’ai dû m’égarer ! Que fallait-il raconter ???

Capture

 

Bon mois de mars, quoi qu’il en soit !

LN – 01/03/2020

 

À la Une

Parisette

« Les grand-mères…… c’est comme le mimosa : c’est doux et c’est frais, mais c’est fragile ! »

(M. Pagnol)

Ce portrait n’est pas exactement celui de Parisette ! Parisette c’est une battante qui s’est investie toute sa vie. Elle est haute comme trois pommes, mais elle a en elle une force de vie qu’elle tient sans doute de ses origines arméniennes qui lui tiennent tant à cœur.

Elle avait son Paul à ses côtés….. Paul avec qui je suivais les cours de Provençal qu’il affectionnait tant ! Mais l’an dernier, Paul est parti. Alors, maintenant, Parisette survit….. seule dans sa grande maison au pied de la colline….

Elle conduit, elle manie l’informatique, et elle pratique l’amitié sans réserve.  Je suis très fière qu’elle me considère comme une amie !!!

Je vous la présente; elle est venue samedi dernier voir une exposition sur notre Commune ce qui nous a permis de nous retrouver.

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Tiens bon Parisette, tu as la douceur des belles âmes.

 

LN – 10/02/2020

 

 

 

 

 

 

À la Une

Henri et les Suisses

On part Chez Jacou, de l’histoire des années bissextiles, et on arrive, comme d’habitude, à toute autre chose…………

Le règlement, c’est ici : https://jacou33.wordpress.com/2020/02/01/agenda-ironique-de-fevrier-2020/

 

Pour faire la cuisine autour du chiffre 4 il faut donc, en 29 phrases maxi  :

insérer Henri IV, les 4 mousquetaires, les 4 filles du Docteur March, le lac des 4 cantons, quelques préfixes « tetra », et un quatrain.

(et si possible retrouver 10 jours qui se sont égarés)….

 

 

On y va :

 

Un quatrain tétrasyllabique

les ayant fait tourner en bourrique

Henri IV et les 4 mousquetaires

Partirent un jour se mettre au vert…

 

Dans leurs malles chacun d’eux a pris

du tétrachlorure, des tétralogies

Et 4 bouées canetons

Pour le lac des 4 cantons,

Ou l’on peut croiser en Mars

Les 4 filles du Docteur March,

Et, exposés aux quatre vents,

Quatre cavaliers fringants,

Les 4 de l’Apocalypse.

Maman Jeanne a préparé

Pour le roi un calendrier

Afin qu’il puisse mémoriser

Le 29 de ce Février.

C’est prévoyant une maman

Pour son fils au panache blanc

Et les 4 vieux militaires

Qui partent se mettre au vert….

 

Henri, les Suisses, une autre histoire

Que nous n’allons pas conter ce soir,

Mais dix jours se sont écoulés

Sans qu’il les ait vus passer…

Les vertus de la Suisse, sans doute

Curatives, coûte que coûte !

Le Roi en a même oublié

Ce fameux jour de Février !!!

Gibulène – 01/02/2020 – Pour l’Agenda Ironique

 

 

À la Une

2020

Qué l’annado qué ven vous adugue santa, pas, bonur, et joio. Et qué sé noun sian pas mai qué noun fuguen pas mens.

Que l’année qui arrive vous apporte la santé, la paix, le bonheur et la joie et que si nous ne sommes pas plus nous ne soyons pas moins (en Provençal).

 

 

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