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Onésime et le 22 (A.I. d’Octobre 2021)

C’est Carnets Paresseux qui nous accueille ce mois-ci, avec des instructions très………. euhhh comment dire………… fantaisistes 😀 mais nous n’en demandions pas moins ! Il nous demande donc de :  raconter une histoire de premier jour.  Et pourquoi ça, alors que les jours raccourcissent et que l’année tire au bout de sa ficelle ? Tout simplement en hommage à James Ussher, archevêque d’Armagh et Primat d’Irlande, qui, après de très savants calculs – avant qu’on se moque de lui, rappelons que Kepler et Newton ont tenté la même opération –  assigna au premier jour de la Création du monde la date du 22 octobre*. Donc, une histoire de premier jour, de genèse, de commencement, bref, de début, sous forme de chanson, de conte, de thèse, d’opéra, de feuilleton (j’ai beaucoup d’affection pour les feuilletons), recette de cuisine, pièce de théâtre, poésie animalière, cinématographe ou aquarelle, ce que vous voulez, en un épisode ou en vingt livraisons ; avec – si vous voulez – une écrevisse, et – obligé –  deux vers empruntés à l’ami Norge , au choix entre ces quatre là : « la porte était lourde / ça faisait des heures » ou « j’attends de savoir / ce qu’il faut attendre »…….  Bref, une histoire de début, une écrevisse facultative, deux vers de Norge – ou plus. Voilà. Et bien évidemment, un peu d’ironie et une dose de calendrier.

Onésime s’y colle, il m’autorise à publier :

Ce 22 Octobre était un jour important pour Onésime, il espérait que ce serait le premier jour du reste de sa vie !

La veille il avait longuement médité au son du tambour, sous la Pleine Lune, et pris une grande décision : Il était prêt à faire sa déclaration à Gertrude !!!

C’est un précautionneux, Onésime, il avait fait des recherches sur ce jour précis, avec ses bons et mauvais événements dont certains l’interpellaient et d’autres non.

Parmi les naissances, il y avait Franz Liszt le romantique (coucou toutl’opéra, comprenne qui pourra) et le grand Georges, chanteur poète s’il en fut, Leconte de Lisle et sa Marseillaise, et les Catherines (Deneuve et Pancol, qui toutes deux avaient sa sympathie).

Bien sûr, il y avait eu des décès, mais que ce soit Charles Martel, Paul Cézanne ou Lino Ventura, aucun ne lui laissait d’impression négative.

Des événements importants en ce premier jour de Brumaire ? tiens ! l’invention de l’ampoule électrique par Edison !!! Fiat Lux !!! Lumineuse idée s’il en fût !

Onésime en avait déduit que le 22 (pas celui des flics, ni celui d’Asnières) était d’un bon cru ! et en parlant de cru, avait décidé dans la foulée de mettre les petits plats dans les grands pour fêter ce grand moment ! Ça tombait bien puisque Gertrude lui avait promis de venir passer la journée !!!

Voyons, soliloqua-t-il ce matin-là après avoir petit-déjeuné ! « je mets de l’ordre dans mes idées. Ça ne va pas tout seul……….. à la fin j’ai beaucoup d’ordre et presque plus d’idées ».

Toute la matinée,il cuisina pour offrir à sa dulcinée une écrevisse à l’armoricaine. Enfin quand je dis une, c’est plutôt des !!! Ce n’est n’est pas un radin Onésime.

Et Ça faisait des heures qu’il s’appliquait ! ce n’était pas le moment de se louper !

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Vers onze heures Gertrude arriva avec du bon pain frais et des macarons (leur dessert préféré), et il lui demanda de patienter quelques minutes sur le canapé. Gertrude n’est pas compliquée, elle prend sur une étagère un recueil des poèmes de Georges Mogin, alias Norge, et se plonge dans la lecture.

Lorsque tout fut prêt, fier de lui, il se saisit du faitout et voulu le présenter, tel un trophée, à sa Dulcinée. Mais pour sortir de la cuisine il s’aperçut que la porte était lourde !

« Peux-tu venir me donner un coup de main Gertie, s’il te plait ! (c’est un poli Onésime, il est bien éduqué).

La réponse de Gertrude le surprit !!! : « j’attends de savoir ce qu’il faut attendre » l’entendit-il dire de l’autre côté de la porte.

D’habitude Gertrude est plus coopérative, mais lorsqu’elle se plonge dans l’univers de Norge, elle s’applique tellement à tenter de comprendre qu’elle en perd toute autre notion. Il le sait Onésime, c’est un intuitif.

Il se prit à réfléchir de façon plus rationnelle. Pour que ce jour soit vraiment le premier, il ne fallait rien négliger, et surtout ne pas contrarier sa douce Gertrude. Et puis il avait encore des choses à préparer……… le bouquet, le petit écrin depuis des semaines caché, le Dom Pérignon bien frappé……….

Il fallait que, lorsqu’il ouvrirait la porte, tout soit parfait.

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Mais ceci est une autre histoire………… laissons-les en profiter, c’est leur journée !

                                                

 

Gibulène – 03/10/2021

 

 

 

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Deux tambours en Automne

Il n’y a pas de hasard : un texte écrit en Mars 2020, deux photos prises récemment et que l’on réunit, et cela fait un joli souvenir d’une soirée un peu magique en attente de la pleine lune…. et dans cette période un peu trouble, ça fait un bien fou !

deux tambours en automne

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Onésime et l’Amphi Aboli (A.I. de Septembre 2021)

Le sujet du mois, que je vous résume ci-dessous :

Votre AI devra tourner autour de soit « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur », soit « Aboli bibelot d’inanité sonore » (c’est vous qui choisissez votre thème). De plus, il vous sera demandé que votre texte comporte une amphibolie (ou une hypallage si l’amphibolie vous fait trop peur).

Vous le trouverez chez Tout l’opéra ou presque (https://wordpress.com/read/feeds/98086153/posts/3539039441)

Onésime a cru comprendre que sa placidité naturelle était implicitement requise pour tenter de résoudre l’imbroglio. C’est un courageux, Onésime, il va au charbon quand il le faut !


Onésime est perplexe en ce début Septembre. Après des vacances mi-figues mi-citrons (pas encore de raisin en Août, restons logiques), voilà que pour une rentrée qu’il espérait soft, il se retrouve à philosopher sur les amphibolies et autres hypallages en « tournant autour » (sic) de l’aboli bibelot d’inanité sonore !!!! (merci Jean-Louis)

Gertrude ne lui est d’aucun secours : lorsqu’il lui a lu le sujet, elle a écarquillé ses grands globes amoureux, a caressé sa joue, et a filé en cuisine lui préparer une fournée de jumeleines réconfortantes ! Ça part d’un bon sentiment, mais ça n’aide pas à la réflexion dans l’immédiat.

Il est seul face à son devoir et se fait un devoir de l’être.

Dans sa tête l’horloge tourne, il est remonté. Son esprit cartésien, une fois de plus prend le dessus : si tu ne comprends pas, analyse ! et c’est ce qu’il entreprend de faire. Il est logique Onésime, logique et appliqué. Il se dit qu’il y a une énigme à déchiffrer, une signification cachée et que chaque mot est un message. C’est donc mot par mot qu’il va « s’y coller ».

ABOLI : Anéanti, supprimé, annulé…… mais aussi :

AB-OLI (ab, préfixe latin signifiant l’éloignement) (Oli le rappeur pote à Bigflo)

A – BOLI (qui appartient à Basile Boli) (ben, il est Marseillais de cœur, Onésime !)

Pour l’instant, tout cela ne donne rien de logique. Il faut aller plus loin se dit-il, car il aime se dire des choses….

BIBELOT : petit objet décoratif. Bon, ça, il comprend.

BIBE-LOT : un lot de biberons ??? que viennent faire dans cette histoire un lot de biberons réduits a néant et ayant appartenu à Boli ?

INANITE : vain, vide, sans intérêt !!! voilà qui retient le sien !!! Il s’agit d’un lot de biberons apparemment sans intérêt…….

L’enquête progresse, mais où donc Jean-Louis veut-il en venir, et que veut-il lui faire comprendre ? Si seulement son pote Anna était dans le coin ils pourraient réfléchir de concert ! ce qui serait fort utile vu le mot d’après!!!

Les effluves de jumeleines qui parviennent de la cuisine titillent agréablement les narines de notre philosophe en herbe qui en profite pour ma susurrer (c’est un gentil Onésime) qu’il n’y a pas d’herbe dans la salle à manger. (oups !)

Allons, un dernier effort !

SONORE : qui résonne fort, qui renvoie ou propage le son. Mais aussi :

S’HONORE ?

SON OR ? les biberons sont-ils en or ?

On veut donc le faire travailler sur la disparition de biberons en or devenus inutiles et ayant appartenu à Basile Boli (A BOLI BIBE LOT INANITE SON OR)

Eurekâ s’exclame-t-il en Grec mettant en exergue son côté polyglotte ! je m’en remets à la logique du lecteur pour achever l’enquête à son gré, l’essentiel est fait……… les jumeleines sont trop tentantes pour ne pas y succomber (et ceci n’est pas une amphibiologie) !!!

Il m’a fatigué, le djeuns ce soir, pas vous ?

Bonne nuit à tous, prenez un paracétamol ça ira mieux après.

                                                                                                                           Gibulène – 07/09/21

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Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus (A.I. Août 2021)

le sujet :  composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus »

J’avais fait une fable à la destination des Marseillais il y a quelques années. J’espère qu’elle ne sera pas trop difficile à décoder…….. Bonne lecture à tous, j’ai un peu adapté 😉

Une lettre qui se détache

De notre nom et qui se cache,

Et nous ne sommes déjà plus !

Notons le souvenir des histoires vécues

Elles seront le vibrant témoignage

De notre vécu sur la page :


Boudiou ! dit Notre Dame, un matin de printemps,

Que le Vieux Port est calme c’en est presque inquiétant !

les pointus sont à quai, les pontons sont déserts

Pas une allée venue vers les Îles ou la Mer !

Y aurait-il engatse aujourd’hui sur le Port

Ils sont là, immobiles, on dirait qu’ils sont morts !!!

Eh bien, ça va changer, et que Dieu me pardonne

 Je vais créer l’ambiance et jeter ma couronne

 Par dessus les maisons, et voyons s’ils sauront

 se bouger, rien qu’un peu, mordre à mon hameçon !

Ce qui est dit est fait, et voici Notre-Dame

 qui lance sa couronne avec beaucoup de charme

 dans le Port si tranquille que l’on entend chanter

 la brise dans les mâts, les oiseaux sur le quai !

 Mais on est à Marseille, Bonne Mère, peuchère !!!

Ici, pour les bateaux, ce n’est pas la galère

C’est plutôt « on verra » ou alors « tout à l’heure »

Ils ne sont pas vivaces et vivent à deux à l’heure

Voilà la Bonne Mère aujourd’hui décoiffée

Comptant sur un miracle pour se rhabiller !!!

Jésus, tu pourrais bien donner un coup de main !

Fada, pas aujourd’hui, ni peut-être demain !

Il fait trop chaud maman, profite du beau temps,

Elle s’en ira pas, ta couronne, entre temps !

Et puis les Marseillais ils sont crevés, hier

Ils étaient « à l’OM » et n’en sont pas peu fiers !

La Vierge, sur ses gardes, et grandement déçue

Jura mais un peu tard qu’on ne l’y prendrait plus !!!


Gibulène – Version Août 2021 pour l’Agenda Ironique


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Crédit photo Patrick Mayan –  @Patphoto
(https://www.flickr.com/photos/131000268@N04)

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Journée bof, mais pas trop (Agenda ironique de Juillet)

Le thème : utiliser des onomatopées pour narrer un moment ou une étape dans la vie d’une personne. Merci à VictorHugotte pour cette idée rigolote (ça bas de soie 😀 )

Driiiiiinnnnng fait le réveil

Beurk : 6h 30 déjà ! pfffffffffff faut se lever !

Aïe, Aïe, Aïe : crampe de bon matin, vite s’étirer…..

Ouf !!! ça passe….

Bon, positivons !

Hmmmmmmmmmm le café du matin !

Grrrrrrr plus de dosette dans le placard !

Re-positivons : thé et galettes, elles font crunch crunch

criiiiiiic, j’ouvre les volets : plic ploc ! zut il pleut…

ron ron fait le chat

Bzzzzzzzzz…. Oh, un moustique ! Paf, m’embêtera plus celui-là !

Heueueueu, que faire un jour de pluie ? en plus : glagla ! fait frisquette.

ron ron refait le chat

Whaou : un arc en ciel, SUPERBE !

lap lap (le chat boit)

driiiiiiiiiiiiiiiiinnnnng (non pas le réveil : la sonnette)

Chic le facteur avec mon colis ! youpiiiiiiii : la saga Iris de Dee. L. Annibale en cinq volumes ! Ben la voilà mon occupation aujourd’hui : lecture.

Blgloup grlooooggr fait mon estomac affamé (ben oui déjà midi)

miam miam le sandwich !

hic, hic… zut le hoquet ! gast ! glouglou….. ça passe.

hop, banquette avec le chat.

ron ron………. (etc)

Driiiiiinnng (non pas le réveil, pas la sonnette, LE TÉLÉPHONE).

Allôôôô, allôôôô ????

erreur, grrrrrrrrrr, personne !

Atchoum ! vite un kleenex, sniff !

Grat, grat (le chat)

Tic tac, le temps s’écoule. Pas un bruit. Si, le boum boum de mon cœur et le vrooooooouuuuuuuum d’une motobylette qui passe. Même pas vu Onésime aujourd’hui ! c’est rare !

re-miam miam avec un slurp slurp en dessert.

Bon c’est l’heure du dodo…….

ron ron…….. il attend ses bonbons du soir………

un hibou fait hou houououou…….. criiiiiiic je referme le volet, et clac je verrouille la porte.

grattouille au chat, à demain……

Boing, je saute dans mon lit (oui, je sais…. mais c’est un vieux matelas à ressorts)

Dans le fond là-bas j’entends un miaououou pas content.

ZZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Bonne nuit les gens !

Gibulène 7/7/2021

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La langue dans tous ses états (A.I. de Juin 2021)

Un thème, chez Iotop (https://ledessousdesmots.wordpress.com/2021/06/04/agenda-ironique-juin-2021/) qui nous accueille pour l’A.I. de Juin 2021. Un thème : la langue, des mots aussi : frigoriste, insomniaque, narine, chouette (dans le désordre).

                                                                   * * * * * * * * * *

Le jeune frigoriste, insomniaque, attend patiemment que la nuit s’achève. Au loin une chouette hulule dans les arbres qui bruissent sous le vent. c’est chouette une chouette !

Sur son balcon, l’héliotrope bleu diffuse des senteurs de vanille qui viennent caresser ses narines. Il passe sa langue sur ses lèvres dans un réflexe pavlovien…….

Ses sens en éveil font vagabonder ses idées……… cet parfum enivrant est aussi celui de la jeune voisine qui vient d’emménager, il y a quelques mois dans le dernier appartement au fond du couloir. Il sait peu de choses d’elle, sauf qu’elle vient des îles et qu’elle ne parle pas notre langue…. mais longtemps après son passage, des effluves sucrés flottent encore dans le couloir.

Il avait caressé l’idée de l’aborder, mais complexé par son défaut d’élocution -un énorme cheveu sur la langue– lui qui d’habitude n’a pas la langue dans sa poche s’est auto-censuré.

Perdu dans ses pensées, le voilà ramené dans l’ ici et maintenant par son greffier bicolore dont la langue râpeuse vient soudainement lui rappeler qu’il a un nez ! ce même nez qui l’a transporté dans les profondeurs insondables d’un rêve qui, pour être éveillé, n’en était pas moins fantasmatique.

Il se secoue. Le jour pointe à l’horizon, le réel reprend le dessus, même s’il est déçu.

Vite se préparer pour la voir partir comme tous les matins, par l’entrebâillement des persiennes… engloutir machinalement deux langues de chat et avaler un café trop chaud qui lui brûle la langue… puis, lorsqu’elle s’est éloignée, sortir dans le couloir et humer à perdre la raison……

Conscient malgré tout de l’incongruité de ses pensées et de ses actes, il se dit que ce matin il se rendra chez sont pote de toujours, Onésime, pour lui demander conseil. Onésime ne pratique pas la langue de bois, mais il n’est pas non plus langue de vipère. Il saura écouter, analyser, et surtout il saura tenir sa langue. C’est un gentil Onésime.

Peut-être aussi pourra-t-il lui souffler –la langue française est si riche- quelques phrases bien tournées pour aborder la fille-à-la-vanille.

En ce qui le concerne, depuis qu’il l’a rencontrée, il en a perdu sa langue !

Gibulène – 05/06/2021

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Fête des Mères

 

J’aimerais en quelques mots vous dire

ce que le nom « maman » m’inspire;

mais voilà, ces mots sont bloqués !

comment pourrais-je l’expliquer ?

Ma maman, c’était LA présence

depuis le jour de ma naissance

dans les bons, les mauvais moments,

me soutenant farouchement,

toujours prête à venir m’aider !!!

trop, peut-être ??? car lorsque j’étais

une ado à moitié rebelle

j’aurais aimé avoir des ailes

pour loin d’elle m’envoler

et vivre en toute liberté.

Maman, qui s’organisait,

Les jours où tout dérapait :

c’était les longues nuits de veille

pour les rhinos, les maux d’oreille

Elle n’a jamais laissé tomber :

malgré son asthme, son eczéma,

pour moi, elle était toujours là !!!

Maman, c’était aussi l’angoisse

lorsque j’arrivais en retard

de l’école, ou de la paroisse,

et je voyais dans ses prunelles

toute la détresse du monde

se disperser en vingt secondes

car j’étais de nouveau près d’elle….

Enfant, maman c’était câlins,

c’était dodo, main dans la main,

sous l’œil attendri de mon père

qui, silencieux, la laissait faire

lui qui peut-être aurait souhaité

échanger son autorité

contre une douceur féminine

dont je me nourrissais, gamine.

Maman, parfois, c’était colère,

gronderie, fichu caractère,

c’était aussi une fessée

lorsque je l’avais méritée !!!!!

Maman, souvent, c’était des larmes

qui lui conféraient tout son charme

et prouvaient, si besoin était,

sa trop grande fragilité.

C’était aussi l’envie de plaire,

de rire, de chanter, de danser :

ce que je n’ai jamais su faire

et que je lui ai reproché….

Et puis un jour, je suis partie.

C’était normal, j’avais grandi !

les enfants partent tous un jour

en emportant dans leurs bagages

des valises pleines d’amour,

tout en laissant dans leur sillage

une sensation douce-amère

de trop peu, de trop mal, de trop court….

un désir de marche en arrière,

un sentiment de non-retour !

Et j’ai vécu ma vie de femme

sans d’elle me préoccuper :

je l’ai laissée se « débrouiller »

avec papa, avec mémé,

qu’elle a soignés, qu’elle a aidés

sans jamais déposer les armes….

Puis un jour, seule elle est restée.

Elle n’a pas voulu m’encombrer :

elle a accepté de reprendre

sa vie longtemps interrompue

et, décidée, sans plus attendre,

un an ou deux elle a vécu,

en avalant les kilomètres

dans des voyages insensés :

elle aimait beaucoup voyager,

dans cet art elle était passée maître !!!

Mais bientôt vint la maladie !

et après qu’elle s’en fût guérie

en luttant avec âpreté

est arrivée la cécité !!!

Là encore elle s’est adaptée,

préoccupée comme elle l’était

de me laisser prendre le large,

de ne pas rester à ma charge…..

Puis un jour, quand j’ai vécu

ce que la vie avait de pire

sa main de nouveau s’est tendue

pour m’aider et me soutenir.

Ma petite mère courage

qui a essuyé tant d’orages !

plus qu’on ne peut en supporter,

tu n’as jamais démérité….

et quand je t’ai vue vieillissante

tes yeux sur le vide posés

qu’eût-il fallu que je ressente

sinon une immense fierté ?

Presque 60 ans pour comprendre

tout l’amour que tu m’as donné….

Il était temps! sans plus attendre

j’ai voulu par les mots témoigner :

au crépuscule de ta vie

ma maman, je t’ai dit MERCI.

Quelle bonne idée j’avais eue !

car maintenant que tu n’es plus,

pas un jour sans que je ressente

de façon plus ou moins pressante

l’envie folle de te parler,

de te dire, te raconter

ce que tu as été pour moi…

Ce vide qui ne se comble pas.

Le jour de la Fête des mères

tu mettais une robe claire

ton sourire et ton beau collier…

C’était un jour privilégié.

Si de là-haut dans tes nuages

tu peux lire ce long message

alors, nous aurons partagé

encore une belle journée.

Fifille – Mai 2021

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Adieu Yann

Un matin tu te réveilles, et tu apprends sur les réseaux qu’un ami blogonaute n’est plus parmi nous…. des années d’amitié derrière un écran et finalement peu de liens personnels à part quelques mails qui rapprochaient artificiellement. Yann nous a régalés de ses voyages en famille. Sa dernière histoire qui rendait hommage à un soldat, nous n’en connaîtrons jamais la fin.

La famille des blogs est un peu orpheline de l’un des siens ce matin. Adessias Yann, bonne route vers les étoiles. Nous te remercions de ces heures de lectures que tu nous a offertes. Toutes nos pensées vont vers Elisabeth, Gaël, Chloé…… et ta vieille copine Célestine 😦

https://trigwen.wordpress.com/

LN