Onésime en voyage

Écrit pour l’Agenda Ironique de Décembre.

Pour tout comprendre, c’est expliqué là :

https://carnetsparesseux.wordpress.com/2019/12/03/voyage-au-bout-de-lan-agenda-ironique-de-decembre/

en résumé : choisir une page de l’Atlas Nautique du monde, édité en 1582, et faire un récit dont le thème est le voyage. Inclure  2 dates, des mots (Noël – échelle – demain – livre – gouffre – tatillon)……….. et délirer 😉 . Bon, délirer, je sais faire 🙂

 

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Onésime chaussa son monocle, vérifia le calendrier : oups !  11 décembre 2019, il fallait se hâter !!! il se lança sans plus attendre dans la lecture d’un énième catalogue dans lequel il lui fallait trouver la destination de son prochain VOYAGE.

Il faut dire qu’il était TATILLON et que les précédents  LIVRES qu’il avait consultés ne l’avaient pas satisfait. Lorsque la description était attractive, le prix était prohibitif et lui faisait entrevoir un GOUFFRE financier. Mais surtout aucune illustration ne provoquait en lui la plus  petite étincelle : elles étaient floues, ternes, ou pas du tout à l’ ECHELLE.

La lassitude s’installait. Chaque soir il se disait « On verra DEMAIN ». Les lendemains devenaient hier, l’hiver approchait, et aucune destination ne se profilait à l’horizon. Hier il avait donc décidé que demain serait aujourd’hui.

C’est  avec détermination qu’il commença à tourner les pages. Le livre n’était pas tout jeune,  puisqu’il affichait 15 octobre 1582 (date  à laquelle, se souvint-il, le calendrier grégorien avait été adopté !). Mais qu’importe ! les illustrations étaient si belles qu’elles donnaient envie de s’évader.

La radio, en fond sonore, diffusait la voix édulcorée d’Henri Salvador : « J’aimerais tant voir Syracuse………. » Au même moment, une carte colorée attira son attention, sur laquelle Syracuse s’incrustait ! Rêveur, il pencha la tête et sa vision du monde s’en trouva modifiée : un arbre de NOËL s’y profilait !!!

 

Noel en Sicile

 

C’est un signe se dit-il ! Avant tout se documenter : la Sicile, son histoire, ses citrons, ses vins, l’Etna……….. une destination explosive en quelque sorte !!!

vite trouver un bateau avant que cela ne tourne en galère………..

Il remit son monocle en poche, et pour fêter ça s’en alla se servir un petit verre de Marsala 😉 .

Peut-être aurons nous un jour le récit de son périple……….. mais Onésime a horreur d’écrire !!!

Bonne semaine (où ce qu’il en reste) !!!

 

Gibu – 11/12/2019

 

 

 

Onésime et les jumeleines

Les aventures précédentes n’étaient pas terminées. Un nouveau défi à relever :

il s’agit tout simplement de démarrer l’année avec la recette de la jumeleine (déjà vue lors des autres exercices).
V’z’allez me demander : « Mais la jumeleine, est-ce un plat, un gâteau, une friandise, ou encore un fruit, un légume ou une bête ? Et pourquoi pas une cuisinière ? »
Hé bien à vous de le dire ! Et puis cette recette, est-ce forcément une recette qui se mange ?
Voilà. Pour la forme, tout est possible, poème, chanson, récit, conte… Rappelons juste qu’il faudrait y glisser un peu de temps qui passe (agenda oblige) et de l’ironie (ironie oblige). Suffit juste de déposer dans les commentaires ci dessous les liens vers les textes proposés.

La jumeleine, madeleine ré-inventée au XIXè siècle, n’est autre  qu’une pâtisserie double que Marcel aimait servir à ses amies jumelles, Mado et Hélène, lors de leurs célèbres après-midis philosophiques consacrées à la recherche du temps perdu.

Onésime, mon écriberlu de prédilection, retrouva un jour, au fil des mirifiques textes du célèbre auteur, l’ authentique recette d’icelle.

Il décida derechef d’en préparer quelques unes pour les offrir à Gertrude pour Fatalimace, en espérant qu’elles seraient aussi éléphantastiques que celles que l’on dégustait depuis des générations au Café du Coin.

Il lui fallait, pour des madeleines simples :

 

100gr de beurre
5cl de lait
1 sachet de levure
2 c. à soupe de fleur d’oranger
150gr de sucre
200gr de farine
3 oeufs

Il décida que, s’agissant de jumeleines et non de madeleines, il lui faudrait doubler les ingrédients. Il nota donc soigneusement dans son agengouin la liste de ses desiderata. Le plus chocile ne fut pas de trouver le moule, la gémellité pâtissière ayant disparu des rayons culinaires au XXIè siècle…… Il s’en confectionna donc un de son cru (logique pour faire cuire). Cela s’avéra créatif mais amupliqué. Mais il fut satisfait de son œuvre dont je vous livre ici le résultat :

moule à jumeleine
(Moule à jumeleine)

Selon le précieux conseil que lui avait prodigué Gertrude quelques jours auparavant au troquet (cf. Onésime l’écriberlu suite et fin) il suivit précigoureusement l’écriame de Marcel, dont il avait revêtu le tricot afin de ne point se salir.

– préchauffer le four à 240°
– faire fondre le beurre
– mélanger œufs, sucre, puis fleur d’oranger et 4cl de lait
– rajouter farine et beurre et le lait restant
– laisser reposer 15 minutes
– mettre dans les moules
– enfourner 5′ à 240°C puis 10′ à 200°C

(les températures notées ci-dessus, Onésime les avait interprétées, les écrits de Marcel se référant à des modes de cuisson quelque peu différents des nôtres)

Une bonne odeur s’était répandue dans la cuisàmanger de son appartement…. Il lança un regard inquisiteur à l’intérieur du four, et ce qu’il y vit lui plut.

Il imaginait déjà le regard émoveillé de sa Gertrude le jour de Fatalimace, lorsqu’il lui offrirait le fruit de ses efforts.

Le charonne charonnait dans son coin, désireux de participer à la fête. Qu’à cela ne tienne, soliloqua Onésime une pour le chat, une pour moi…………. Gertrude ne le saura pas…

Mais le lendemain, hélas, il recommença…………….. Que voulez-vous, quand on est gourmand, on ne tient pas…………

Il partit donc honteux et confus retrouver sa belle, les mains vides en ce jour de fête. Gertrude s’agitait, là-bas, au bout de la rue; dans ses mains une boîte mystérieuse qui, de ce fait, s’agitait aussi !

Onésime,

devine

ce que j’amène :

des jumeleines !!!

 

vouali voualou……….

Je vous réitère mes vœux pour 2019. Tant que nous pouvons lire et écrire pour notre plaisir collectif, tout va bien !!!

A bientôt,

LN – 07/01/2019

 

 

Onésime au Pingouinzoo

(sic)

ARTICLE ENDOMMAGE – TEXTE IRRECUPERABLE – désolée

Onésime se renseigna poliment : Peut-on voir les….. euhhhh….. poussins, je vous prie ?  

-Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps….. et puis ils sont si jeunes, si nous les laissons sortir, ils vont avoir froid !

Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud ! 

Cette déclaration péremptoire provoqua un fou-rire général…

Pour le sortir de cette mauvaise passe, Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeâmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire. 

 

 

Onésime l’écriberlu (suite et fin)

Comme nous l’explique Jobougon :
Avec 10 participations, nous allons maintenant choisir chez 4 participants 2 mots-valise avec le bout de dialogue, la phrase ou l’ensemble de mots qui va avec, bien sûr, et 3 mots-valise chez 6 participants, toujours avec la phrase ou l’ensemble de mots qui va avec de façon à sélectionner les 26 mots-valise différents employés dans 26 formulations.
2 X 4 = 8 ; 3 X 6 = 18 ; 8 + 18 = 26
.
Avec 11 participations, jacou33 souhaitant se joindre à nous en dernière minute, ce sera 2 mots-valises chez 7 participants + 3 mots-valise chez 4 participants.
2 X 7 = 14 ; 3 X 4 = 12 ; 14 + 12 = 26
.

Je récapépète :

En puisant dans l’ensemble des phrases élaborées par les 11 participants à l’exercice littéraire précédent, le but est de construire un récit. Il faut utiliser 4 fois trois phrases et sept fois deux phrases prises chez les divers inventeurs….. ces phrases apparaîtront en couleur. Les liaisons -puisqu’il a bien fallu en faire- resteront en noir et en italique.

Mon récit s’établit ainsi :

– – – 

Le lendemain à l’aube, vers 10h du matin, donc, le charonne s’étira, réveillant Onésime. Celui-ci fila sous la douche et sortit pour se rendre, comme presque tous les matins, au café du coin où il retrouva Gertrude.

En l’apercevant, elle cligna des yeux.

  • Non, tu vois, décidément je trouve tes clins d’œil beaucoup trop artificelles.

  • (Je ne l’ai pas trouvé dans mon agengouin celui là. )

Elle le regarda, interrogative. Il enchaîna:

  • Tu connais les bonbons mergnificats? Ils sont tellement enchanquisés que même le plus gourmand d’entre nous ne réussirait pas à le réinventer à la hauteur de l’existant!

Gertrude, qui était un peu simplette et n’y comprenait pas grand chose, continuait de se taire…

  • J’ai eu la mirififique idée de… Le reste de la phrase se perdit dans un silence ouateux…

  • Tu sais, tu peux dire ce que tu veux. Quand ça délibule, c’est aussi clair qu’un cerf-volant par temps de zéphyr, ça flotte au dessus de nos têtes!

Il commençait à se sentir un peu seul, malgré tout. Gertrude était plus loquace d’habitude ! Il tenta autre chose pour éveiller son intérêt :

  • Qu’est-ce que tu vas m’offrir de beau pour Fatalimace ?

          Pour Fatalimace tu auras des poux et pour tes étrennes, des sous !

S’exclama-t-elle enfin, puis elle ajouta, surprise de sa propre audace:

  • Tu en as marre de l’insolitude ? Eh bien, ramène-moi chez toi et tu goûteras à la deusolitude !

Il n’en croyait pas ses oreilles !!! Le garçon de café l’empêcha d’analyser ce qu’il venait d’entendre ; Il se montra d’ailleurs très moyennement poli(tiquement correct) avec Gertrude, laquelle coite demeura.

  • Bonjour madame. Merci madame !… Mais de rien, madame. Et sachez que vous êtes une polimalie dans mon entourage! Tous des goujats.

Ils étaient habitués…. ils passèrent leur commande: un café pour lui, un chocolat pour elle, et deux brioches rondes.

Du fond du café lui parvenaient les voix de la tenancière et de sa fille :

  • Ma chérie, il est temps que tu apprennes la recette des Jumeleines. Regarde bien comment je fais.

         Oui maman.

Le café tant attendu arriva, qui fumait dans la tasse. Mais de brioche ronde, point. Un «Giant» l’attendait dans le sachet. Dérouté, il s’en empara et y mordit à pleines dents.

  • Ce hamburger est éléphantastique ! Ah, comme je me régale !

Il baissa machinalement les yeux.

  • Son regard se porta, au sol, sur la lente progression d’un gymnasticot qui passait par là pendant que la radio beuglait le toutouyoutou de Vérodavina.

  • Afin d’envisager sous les meilleurs auspices un écriame dont le chocile était amupliqué,

Une dose supplémentaire de caféïne s’imposait. Il rappela le garçon.

Ce dernier se permit encore une remarque :

  • Elle enchanquise fort, la dame d’à côté, non ?

La conversation retombait ! Ce n’était pas un bon jour…. Gertrude tenta de l’intéresser à sa façon :

  • J’ai passé mes vacances dans un endroit assez sommaire, en somme. A Saint-Omergnifique – je ne suis pas Calais en géolocaligraphie.

Onésime ne l’écoutait pas :

  • Tu entends ce grondement sourd ? C’est le cri de balument des martinets bleus au-dessus d’un nid de roudoudous à poil roux.

 

Un homme entra dans le bar. En voyant Gertrude

  • Il eut ce visage possédé entre le patibulaire et l’abomifreux

Gertrude prit le parti de battre en retraite. Elle avait renversé son chocolat en essayant d’y tremper son Giant, et devant l’immensité de la tache et de la tâche avait décidé de retourner se coucher. L’homme s’assit à sa place, les chaises vides se faisant rares… Onésime réalisa que

  • son obsession de l’éléphantastique n’était qu’une fantasmagorie d’enfant.

  • Abomifreux ! Est-ce que j’ai une tête d’abomifreux ?

  • Bon ne le prends pas mal, hein ! C’est un compliment… enfin presque. Bref, entre nous je peux bien te le dire, ton rire me rappelle celui de la jumeleine

Ils furent pris d’un fou-rire qu’ils eurent du mal à juguler. Lorsqu’ils reprirent la conversation, Onésime s’enquit des activités de son interlocuteur. Par un bizarre hasard, celui-ci, comme lui, écrivait un premier prix littéraire.

  • Alors comme métier, je mets créaginaire……..

Par pure politesse il demanda ensuite de quoi parlait son bouquin.

  • De la procession des écriames qui purgent les peines qu’elles ont causé par leurs écrits, elles-même appelés écrimes.

L’homme, hilare devant sa tête ahurie, régla son compte et s’éloigna. Gertrude, lasse de bouder, et toujours aussi crottée, revenait. Il lui relata cet entretien bizarre .

  • Fatalement c’était parti de nos pingouinations, on riait comme des fous, on se tordait le bide en se le remplissant et on applaudissait comme des manchots.

  • Il suffisait d’un bref coup d’œil pour que des éclats de rires artificellent.

Gertrude, abasourdie, lui fit remarquer:

  • c’est trop chochile ! Il faut agir, suivre un écriame précigoureux !

  • Bon, maintenant, il vaut mieux se taire, pour éviter la proliféraction des mozarres

A ce moment là, Onésime réalisa à quel point il était en retard. Les Douze Coups de Midi sonnaient au clocher et les odeurs de brioche remplaçaient allègrement celles des Mc Bacon et autres Cheeseburgers. Il s’empressa de rentrer chez lui, honteux et confus, et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Gibulène 13 Novembre 2018

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Je souhaite beaucoup de plaisir à mes relecteurs ! le Paracétamol n’est pas fourni.

Onésime l’écriberlu

Encore un exercice de style amusant !!! basé cette fois-ci sur des néologismes nés de l’imagination collective des participants. Au départ, il y en a quelque chose comme 26, à l’arrivée j’en ai rajouté quelques uns pour que mon texte reste cohérent, si je peux dire !!!

J’anticipe en vous mettant les significations de ces « mots-valise ». (en rouge les néologismes du groupe, à caser dans le texte, comme d’habitude).

ABOMIFREUX                 abominable + affreux

BALUMENT                      baleine + jument

JUMELEINE                      jument + baleine

POLIMALIE                     polisson + anomalie

FATALIMACE                  fatalité + limace

ELEPHANTASTIQUE    éléphant + fantastique

MERGNIFIQUE              merveilleux + magnifique

ENCHANQUISE             enchantée + conquise

AMUPLIQUé                  amusant + compliqué

CHARONNE                   chat + ronronne

INSOLITUDE                 insolite + solitude

ARTIFICELLE               artifice + ficelle

BRUMAGEUX               brumeux + nuageux

AGENGOUIN                agenda + pingouin

DELICARISTIQUE      délicatesse + humoristique

MIRIFIFIQUE              rififi + mirifique

DELIBULE                   délicat + noctambule

CREAGINAIRE           créature + imaginaire

EXISTANCIé               existence + distancié

TARTUFFOLIQUE     tartuffe + colique

GYMNASTICOT         gymnastique + asticot

COUETTIVITé           couette + productivité

 ECRIAME                  écriture + programme

PINGOUINATION     pingouin + imagination

CHOCILE                    choix + difficile

DROLATOUR             drôlatique + retour

ECRIBERLU              écrivain + hurluberlu

VERODAVINA           Véronique et Davina

DORMICOUETTER  dormir sous la couette

DELIREVES               délires + rêves

AUJOURDEMAIN   aujourd’hui + demain

GIRAPOTAMES      girafes + hippopotames

RENAUCOURT       Renaudot + Goncourt

PULLIBEL               Pullizer + Nobel

 

Ne vous découragez pas, le texte arrive !!! vous êtes prêts ? alors jouons avec les mots, c’est le but du challenge !

 

 

 

Onésime commença sa journée par une séance de couettivité délicaristique, afin d’envisager sous les meilleurs auspices un écriame dont le chocile était amupliqué !

Mergnifique ! S’écria-t-il soudain intérieurement ! Le charonne malgré le temps brumageux, quel effet miriffifique contre l’insolitude !

Il se leva avec, malgré tout, l’abomifreuse impression d’être dans  le corps d’une fatalimace dépassée par les évènements….

Après un café qui aurait réveillé n’importe quel délibule épuisé, il s’assit à sa table de travail et réfléchit à la créaginaire quasi préhistorique dont il allait relater le drôlatour : Serait-ce une balument ? Une jumeleine ? Il avait renoncé, par manque de documentation, à narrer les aventures de l’éléphantastique dont la polimalie tartuffolique manquait totalement de poésie, d’ailleurs !

Il chercha son agengouin empli de pingouinations enchanquises, mais en vain, Son regard se porta, au sol, sur la lente progression d’un gymnasticot qui passait par là pendant que la radio beuglait le toutouyoutou de Vérodavina.

Ce petit ver existancié tira les artificelles de ses neurones.

Eureka pensa-t-il très fort (il était parfaitement bilingue), j’ai mon sujet ! A partir d’aujourdemain, je me lance dans l’étude des girapotames à travers les siècles !!! A moi le Renaucourt, ou pourquoi pas le Pullibel !!!

Pleinement satisfait de sa décision mais épuisé par tant de profondes réflexions, il retourna dormicouetter, entraînant dans ses délirêves le charonne ravi de l’aubaine !

J’adore ces bons moments de délire ! Que du plaisir. J’espère n’avoir pas fait de fautes d’orthographe 😀 😀 😀

A bientôt

LN – 22/10/2018