Jouons avec les mots – Dico Débonnaire 17/20 et Atelier de Sylvie (2)

Vous voyez passer bien des extraits de mes différentes interventions dans les jeux d’écritures, que ce soit l’Agenda Ironique, le Dico débonnaire, et depuis peu les Ateliers de Sylvie (qui n’a pas de blog, ça se passe sur skype)…..
Du coup, à partir de l’idée d’Ecri’Turbulente sur le Dico débonnaire, j’ai fait un mix pour les Ateliers de Sylvie…. Je vous explique :
Dico débonnaire : 
Vous connaissez le principe :
Le lundi, je propose un mot. Un mot, un vrai, un qu’on peut trouver dans n’importe quel dictionnaire de bonne facture. Un mot, parfois très contemporain, mais parfois aussi un peu désuet, oublié, ou peu usité.
Vous avez jusqu’au dimanche à midi, pour proposer une définition étymologique et rocambolesque de ce mot, définition à assortir d’une citation abracadabrantesquement  imaginaire. Autrement dit, vous écrivez une phrase ou deux pour illustrer votre définition.
Atelier de Sylvie :
Nous repartons du même mot. Je leur ai suggéré de dire (toujours de façon fantaisiste, ce que le mot pouvait être….. et nous avons rajouté la création d’un courrier à partir de ce mot…..
Evidemment je ne me sers pas du travail fait chez Ecri’Turbulente pour l’Atelier de Sylvie, sinon c’est pas du jeu comme on disait à l’école…….

 


MOT DE LA SEMAINE : NYCTALOPE   😮

DICO DEBONNAIRE  (17/20)

Néologisme créé par les djeuns pour exprimer en sms leur désir de sortir la nuit. Un raccourci en quelque sorte, qui signifie la nuit s’étale (genre elle arrive), hop (sous entendu hop, on sort). En découpage ça donne : la nuit c tal op !

A noter que le Y provient d’une faute de frappe initiale due à la proximité du u et du y !!! nuit s’est transformé en NY (vous suivez ? ) donc NY-C-TAL-OP(E au féminin).

On peut ainsi lire des dialogues zarbi comme celui-ci :

  • CC (coucou)

  • SLT, KOI 2 9? (salut, quoi de neuf)

  • NYCTALOPE OKLM? JPP! (on sort cette nuit, au calme ? J’en peux plus!)

  • DSL, PAS AUJ, J’TAPL DKEJ’pE (désolée, pas aujourd’hui. Je t’appelle dès que je peux)

  • @+
  • SLT

Nos Académiciens, à court de mots, ont récupéré celui-là en argumentant que si on sort la nuit, c’est qu’on y voit…..

Ils ont donc inventé une histoire selon laquelle ce mot viendrait du latin NYCTALOPS
attesté dans les deux sens « celui qui ne voit pas la nuit », et également « celui qui voit bien la nuit », une confusion qui s’est perpétuée au fil des siècles, dans la langue Française.
 Ce ne serait qu’au début du XIX ème siècle que l’on aurait résolu ce problème, en choisissant l’un des deux une bonne fois pour toutes: Nyctalope serait celui qui voit bien la nuit.

– – –

ATELIER DE SYLVIE (2)

(Nom Propre masc.sing. – Néologisme)

Jeu télévisé né à New York (NYC) dans les années 2000. Son but est de découvrir des talents (TAL), une autre version de THE VOICE en quelque sorte.

Lorsqu’un talent est validé par le jury, le présentateur s’écrie «HOPE» (qui signifie «espoir» comme tout le monde le sait).

Le jeu a donc pris tout naturellement pour nom le concentré de ces informations NYC – TAL – HOPE;

Pour des raisons pratiques, et parce que tout le monde se fiche pas mal de l’orthographe, le H a disparu……

A noter que cette émission se déroule toujours de nuit. Le jour elle passerait inaperçu. Les nouveaux élus sont, par extension, des nyctalopes eux aussi.

Pour s’inscrire, il faut simplement y voir la nuit, et poser sa candidature par écrit. Voici un exemple de courrier:

 

Monsieur le Directeur
Emission NYCTALOPE
rue J. Voilanui
85350 ILE D'YEU

Monsieur le Directeur,

J’ai l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance l’opportunité de passer dans votre émission, et me tiens à votre disposition pour toute sélection que vous voudrez bien me faire passer, de préférence de nuit, car, atteint de nyctalopie, il m’est difficile de me déplacer le jour.

Dans l’attente de votre réponse qui, je l’espère, sera positive, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur de l’Émission Nyctalope, en l’assurance de ma considération visuellement distinguée.

NB: pour les futurs nyctalopes, je précise qu’il est bien vu, le Siège Social étant aux États Unis, de rédiger ce courrier en anglais.

Voilà, on s’amuse………… enfin moi, JE………..  😉 par contre j’ai un peu de mal avec la mise en page du copier/coller, mais ça n’empêche pas de s’y retrouver je suppose.
Bonne fin de semaine à tous……… pour le prochain post je mettrai quelques photos ça changera.
LN – 29 / 04 /2020

 

 

 

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Le mois des fous – Agenda Ironique de Mars 2020

Nous repartons dans une nouvelle aventure dont les consignes sont les suivantes :

Ce mois-ci, il s’agit d’écrire, de décrire, raconter, imaginer que vous êtes dans le moi d’un fou. Vous allez parler de ce que vous voyez, ressentez, imaginez, de l’intérieur de ce moi fou, en vous mettant à la place d’un de « ces êtres étranges et dérangeants » que sont les « fous ».
Sauf que bien sûr, il y a une contrainte !
Il vous faudra insérer, là où vous voudrez, la phrase suivante :
« Monsieur Popples a des yeux de framboises et se demande connaissance et contoise ».
– Je vous prie de rester courtois, voyons !


 

Il fait frisquette, j’hésite à mettre les pieds dehors, d’autant qu’ils sont devenus tellement autonomes que je ne maîtrise que difficilement ma destination.

Dans mon sac à dos, j’ai mis en vrac une boussole, un bocal de cornichons, 3 mouchoirs rayés, une loupe et une plume de flamant rose….

Depuis quelques jours je ressens comme un vent de folie qui circule et je me demande si, tout compte fait, je ne circule pas avec lui !

Au moment où je me hasarde à l’extérieur, le lapin blanc passe, me demande l’heure, et détale sans attendre la réponse.

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j’avance donc, sur la pointe des orteils pour ne pas réveiller le chat qui dort….

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Des questions existentielles s’imposent à moi. Je m’interroge :

– Un aveugle qui prédit l’avenir est-il un voyant ?

– Un sourd muet qui parle avec ses deux mains est-il ambidextre ou bilingue ?

– Pourquoi les magasins ouverts 24h/24 7j/7 ont-ils des serrures ?

Je croise un voisin qui soliloque lui aussi. 1515 marmonne-t-il ! il doit revenir du Bureau de Poste. Il est philatéliste et numismate. Je le salue comme il se doit, et tente d’engager courtoisement la conversation :

  • Monsieur Popples a des yeux de framboises et se demande connaissance et contoise », lui dis-je en souriant.
  • Je vous prie de rester courtoise, voyons ! répond-t-il, furieux ! vous savez bien que je suis allergique aux fruits rouges !!!

La réponse est sans appel. Je poursuis, confuse, ma promenade. Je ne compte qu’un pas sur deux pour ne pas m’éloigner trop vite. Une motobylette me double, conduite par un lama cracheur. Sur le porte-bagages, blotti dans une théïère chaotique, un petit escargot ( 😉 ) vit l’aventure de sa vie et se prend pour Alain Prost.

 

théïère

 

Je leur lance un signe de main, et réalise que ce sont mes pieds qui s’agitent ! je finis par marcher sur la tête !!!

Au détour du chemin j’aperçois Alice qui papote avec le chapelier. Je leur offre des cornichons qu’ils s’empressent de tremper dans leur thé. Encore quelque chose de bizarre : ils n’ont même pas aperçu la cagouille de la théïère ! incroyable, non ??? cette constatation entraîne illico une nouvelle question dans mon cerveau :

-Combien, à New-York, y a-t-il d’accordeurs de piano ????

Découragée par mon ignorance crasse, je décide de faire demi-tour et de rentrer. Je prends ma boussole, l’oriente vers Mars, et je trace…….. (en vérifiant, de temps en temps, avec la plume de flamant).

Boby m’attend, à la maison. Il a invité sa copine Avanie à passer la soirée…… elle a les yeux framboises.

boby

 

Au fait, j’ai dû m’égarer ! Que fallait-il raconter ???

Capture

 

Bon mois de mars, quoi qu’il en soit !

LN – 01/03/2020

 

Henri et les Suisses

On part Chez Jacou, de l’histoire des années bissextiles, et on arrive, comme d’habitude, à toute autre chose…………

Le règlement, c’est ici : https://jacou33.wordpress.com/2020/02/01/agenda-ironique-de-fevrier-2020/

 

Pour faire la cuisine autour du chiffre 4 il faut donc, en 29 phrases maxi  :

insérer Henri IV, les 4 mousquetaires, les 4 filles du Docteur March, le lac des 4 cantons, quelques préfixes « tetra », et un quatrain.

(et si possible retrouver 10 jours qui se sont égarés)….

 

 

On y va :

 

Un quatrain tétrasyllabique

les ayant fait tourner en bourrique

Henri IV et les 4 mousquetaires

Partirent un jour se mettre au vert…

 

Dans leurs malles chacun d’eux a pris

du tétrachlorure, des tétralogies

Et 4 bouées canetons

Pour le lac des 4 cantons,

Ou l’on peut croiser en Mars

Les 4 filles du Docteur March,

Et, exposés aux quatre vents,

Quatre cavaliers fringants,

Les 4 de l’Apocalypse.

Maman Jeanne a préparé

Pour le roi un calendrier

Afin qu’il puisse mémoriser

Le 29 de ce Février.

C’est prévoyant une maman

Pour son fils au panache blanc

Et les 4 vieux militaires

Qui partent se mettre au vert….

 

Henri, les Suisses, une autre histoire

Que nous n’allons pas conter ce soir,

Mais dix jours se sont écoulés

Sans qu’il les ait vus passer…

Les vertus de la Suisse, sans doute

Curatives, coûte que coûte !

Le Roi en a même oublié

Ce fameux jour de Février !!!

Gibulène – 01/02/2020 – Pour l’Agenda Ironique

 

 

jouons avec Mil et Une-atelier d’écriture

Chaque semaine un défi……….

de temps en temps je participe.

Les règles :

http://miletune.over-blog.com/2019/12/encore-un-casse-tete.jc-scant.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

A partir d’une image, un mot à insérer facultativement. Thème et style libres.

Cette semaine (jeu n° 43) le mot est MIGRAINE et voici l’image :

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Concentration

 

Mais quel est le bon coup ?

Il me faut le jouer,

Gagner face à moi-même.

Réussir à un coût :

Analyser, penser,

Isoler le problème…

Ne pas se copier,

Éviter son reflet.

 

Gibulène – 01/12/2019

 

 

 

 

 

 

Agenda Ironique de Novembre 2019

Il y a longtemps que je n’avais pas participé l’ Agenda Ironique. Celui de novembre est quelque peu complexe, je fais de mon mieux.

Pour la règle,  il vous faut vous rendre chez Ecri’Turbulente qui vous expliquera mieux que moi, et c’est ici :

https://ecriturbulente.com/2019/11/01/les-abecedaires-de-lagenda-ironique/

Vous y trouverez également les liens vers les autres participants, et c’est succulent à lire.

Donc, choisir 10 à 15 mots et en donner des définitions personnelles dans lesquelles on inclura Des mots d’une liste préétablie (mots anciens)……. Enfin, en gros !!!

la liste des mots anciens à inclure :

mots anciens à inclure

Mes élucubrations :

BADERNE

Vieux têtu enrhumé dont la PATERNE est mal définie. On ne paterne donc pas avec les vieilles badernes.

AFFRONTEMENT

Problème frontal qui ne permet pas d’ IMPUGNER le profil d’une personne sereinement.

HACHER

Quand on sait hacher, mâcher une FRIOLERIE devient une question de mhachoire.

SEDUIRE

C’est EMBABOUINER  l’autre avec des mots sensés ou insensés sans cesse ressassés.

GENEALOGIE

Art de DETRAPER les ancêtres.

QUINTESSENCE

Elle se trouve dans l’ EVAGATION d’un objet devenu pure essence. A noter que tout ne peut pas s’ évaguer.

MANIAQUE

Personne parfois baderne (cf. plus haut) atteinte d’itérations qui l’amènent à SE ROUTINER sans toutefois se rompre.

DISCOURS

Méthode initiée par Descartes, qui empêche de CAUSAILLER à tort et à travers.

COLERE

Terme de pâtisserie  mieux connu dans les années 1950 comme Kohler ; Forte émotion  nocive qui  pousse  à  CHAFOURER  inutilement une recette de gâteau.

REPENTI

Le repenti, même s’il reprend le dessus, n’est pas forcément QUINAUD. N’est pas quinaud qui veut !

 

Comprenne qui peut 😀 je vais prendre un Doliprane !!!

Hélène – 22/11/2019

 

 

 

Atelier d’écriture – sujet 13/2019

Réalisé pour Mil et Une, Atelier d’écriture en ligne………..

http://miletune.over-blog.com/

 

Utiliser l’image ci-dessous et écrire un texte en insérant facultativement le mot SEDUCTION.

 

séduction

 

Splendeur d’un matin de printemps

Éclatant de bourgeons et de fleurs

Douceur de l’air et des couleurs

Union de l’espace et du temps,

C‘est le renouveau de la terre :

Tendresse d’une brise légère;

Il flotte un suave parfum!

Oubli des frimas, de l’hiver,

Naissance, renaissance, enfin !!!

 

                                     Gibulène – 02 04 2019

 

 

 

Icare

Spécifiquement écrit pour l’atelier d’écriture de Mile et une, Atelier d’écriture.

http://miletune.over-blog.com/

 

Une photo, un mot à glisser (facultatif) …. chacun est libre de son style.

La photo :

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Le mot : loterie

Mon évidence personnelle :

 

Perdu dans le dédale

De ses pensées fatales

Icare s’est brûlé.

Pourquoi a-t-il joué

A cette loterie

Qui lui ôta la vie ?

Un excès de jeunesse ?

Un sentiment d’ivresse ?

Ne jamais négliger

Des anciens la sagesse

Sous peine de tomber

Se perdre, ou s’égarer.

Icare a cher payé

Son impulsivité !

Gibulène – 12/01/2019

 

 

Jeux de mots (encore !) -LACAN et le Métro……

Je vous ai déjà fait le coup des « mots imposés » je réitère. Cette fois-ci l’image inspiratrice est la suivante :

 

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 Plage de Deauville, Enfants et jeune fille jouant dans l’eau, Photographie de presse, Agence Rol, 1923. gallica.bnf.fr

Les mots à caser dans le récit, les voici :

– métropolitain
– pingouins
– brasserie “La Rotonde”
– salsifis ;
– “Ici l’Aube !”
– infinitésimal
– Jacques Lacan
– ballast.
– meuble
– pinot
– brebis
– salto
– “Bernique !”
– inflammatoire
– Jacquemart (de Dijon)
– ballet.

Et quand vous avez terminé, eh bien vous participez à l’Agenda ironique du mois de Septembre 2018, pour le plaisir, rien que le plaisir !  Carnets Paresseux vous explique tout (https://carnetsparesseux.wordpress.com/2018/09/05/sous-terre-et-sur-leau-lagenda-ironique-de-septembre/?c=13751#comment-13751)

Bref, j’ai œuvré :   (mais je proteste, c’est dur pour une rentrée littéraire !!! )

 

La Brasserie «La Rotonde» voyait peu à peu sa terrasse se remplir. Deux ou trois quotidiens, négligemment posés sur les tables, attiraient l’œil du passant.

En ce matin de Septembre 1938, «A l’aube» titrait que Jacques LACAN envisageait, en compagnie de son pote Jacquemart (de Dijon), une promenade sous terre -ainsi appelait-il la traversée de Paris en Métropolitain– qui leur permettrait une psychanalyse intéressante des poinçonneurs de tickets, ceux-ci ayant présenté dans les dernières semaines un infinitésimal (quoique préoccupant) penchant pour la paresse.

Ils avaient en outre développé un comportement bizarre, et se déplaçaient le long des couloirs dudit Métropolitain avec une démarche de pingouin, tout en croquant des salsifis crus.

Jacques était perplexe.

Assis, donc, à la terrasse de «La Rotonde», il commanda un verre de Pinot et quelques toasts au fromage de brebis.……. le nec plus ultra en milieu de matinée pour le lève tôt qu’il était. Il s’abîma dans des réflexions profonde sur la diversité des problèmes à analyser en cette période de rentrée. Il terminait tout juste une étude commandée par la S.N.C.F. Sur l’utilité des ballasts et leur influence sur le comportement des voyageurs, et l’avait précautionneusement rangée dans un meuble la veille ; et voilà que le ballet des énigmes et des clefs y afférentes occupait de nouveau la scène, et plus précisément son intellect. Lui qui comptait prendre quelques jours de vacances: Bernique!

S’en suivit un phénomène inflammatoire de l’hémisphère gauche de son cerveau, qui eût pour effet de perturber son sens de l’analyse….

Et Jacquemart n’arrivait toujours pas (de Dijon)!!!

La moutarde lui monta au nez. Il était nerveux et réprima une furieuse envie de réaliser un salto arrière sur le trottoir, car il eût peur que sa réputation soit mise à mal.

Son regard se porta alors sur une vitrine, de l’autre côté de la rue : l’Agence JIVAI vantait les bienfaits des vacances sur l’océan. L’option 85893 était en effet fort attrayante, et la silhouette d’une jeune fille en costume de bain scrutant l’horizon, et de deux enfants bravant le clapotis des vagues dans une zénitude absolue, fut pour lui une révélation :

«Bon sang mais c’est bien sûr», plagia-t-il en son for intérieur, il fallait, pour que les pingouins du métro retrouvent leur équilibre, les envoyer en congés payés à Deauville!!!! c’était élémentaire, même sans Watson!

La tempête Shakespearienne s’apaisa sous son crâne, et au même moment Jacquemart (de Dijon) se pointa à l’horizon. Il l’accueillit chaleureusement : «Un Pinot, mon Jacquot ?»

on fait ce qu’on peut, hing !!!

Bonne reprise à tou(te)s et à bientôt.

LN 07/09/2018

 

 

Histoire sans queue ni tête

Carnets Paresseux nous invite à participer à l’Agenda Ironique du mois de Juin, sur le thème tout et son contraire ! en ajoutant quelques options obligatoires telles que caser quelques mots incasables (soleil, brousse, chaussure, pingouin, tentacule, épuiser, vert)en s’inspirant dans la mesure du possible d’une improbable photo ci-d’sous (enfin ci-d’sus chez lui ! OUF je tiens mon contraire 😀  ) :

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Je ne relève pas vraiment le challenge,  puisque je ne pratique pas le tout et son contraire, mais quelquefois l’envie de jouer me prend………… alors je case les mots en m’inspirant de la photo, ce n’est déjà pas si mal…………. et ça le fait 😀 …….. et je vous livre ci-après mes élucubrations : 

 

 

Ernestine et Edmond avaient mis leurs plus belles chaussures, celles des dimanches, et harnaché la Grande Biquette très tôt ce matin , pour aller voir leur tante Adélaïde.

Il fallait arriver avant que le soleil ne soit trop fort, car, bien qu’on ne soit pas dans la brousse, il faisait en ce printemps 1920 une chaleur caniculaire en Provence, un temps à ne pas mettre un pingouin dehors.

Ernestine avait mis son chapeau de parade, ceint d’un vaste ruban d’un vert printanier insoutenable, Edmond portant fièrement un canotier emprunté à son père et qu’il avait calé fort astucieusement avec le journal de la veille .

La calèche était bien étroite, mais largement assez grande pour arpenter le petit sentier qui les mènerait, à travers champ, jusqu’au village voisin. Il s’agissait de rester assis, le dos bien droit, afin de ne pas épuiser l’auguste Caprinae qui répondait, très traditionnellement d’ailleurs, au nom de Blanchette (enfin, lorsqu’elle répondait!) Les déplacements restaient toujours quelque peu aléatoires, Blanchette n’hésitant pas à festoyer en chemin. On savait donc quand on partait, mais l’horaire d’arrivée était des plus approximatif !

Les dix premières minutes se déroulèrent sans encombre. Puis Blanchette décida qu’il était temps de se restaurer. Elle repéra un arbre dont l’appétissant feuillage s’étalait en tentacules jusqu’à frôler ses longues cornes en spirales. Une chèvre du Rove ne résiste jamais à l’appel du feuillage, fût-il difficile d’accès.

La voilà qui s’arrête, donc, et qui se délecte du succulent en-cas…….. mais quoi ! une branche récalcitrante reprend de la hauteur !!! qu’à cela ne tienne : notre Blanchette se dresse sur ses pattes arrières, entraînant un mouvement descendant inversement proportionnel du véhicule à icelle attelé !!!

Edmond tente la parade ultime…. mais bernique, le voilà qui glisse au sol plus vite qu’un pet de lapin sur une toile cirée !!! La douce Ernestine glapit élégamment en le suivant dans sa chute……… Élégance toute relative lorsqu’on peine à se relever, le chapeau de travers et les gants maculés !!!

Blanchette, elle, a repris sa route, sans percevoir leur déroute !!! Impossible de la rattraper car un lapin facétieux l’avait invitée à se hâter.

Que faire ? Continuer……… ou retourner ? Le choix était cornélien bien qu’aucun corvidé ne se soit à l’horizon montré. Après une courte séance de remise en forme(s), ils se hâtent de reprendre leur chemin au milieu du thym et du romarin.

Bien plus tard… mais bien plus tard……. ils arrivent à l’entrée du village où Blanchette les attend à l’ombre d’un mûrier.

Tante Adélaïde, aux quatre cents coups, avait alerté la Maréchaussée qui s’apprêtait à battre la campagne. En les voyant arriver, vivants mais en parfait désordre, la pitchoune vieille vacille dans les bras d’Émile, le garde champêtre qui -depuis plus de quarante ans- n’attendait que ça !!!

Les enfants devinrent les héros du jour…….. et quelques mois plus tard c’est dans la plus grande liesse que furent célébrées les épousailles d’Émile et Adélaïde dans le village en folie. Les témoins, vous l’avez deviné, ne furent autres qu’ Ernestine, Edmond….. et Blanchette !!!

Une histoire à devenir chèvre !

A bientôt mes visiteurs, j’espère au moins que vous aurez souri !

Gibulène – 4 juin 2018

 

Capture