Onésime en Absurdie (A.I. Janvier 2021)

Consignes de cet Agenda, géré de main de maître par Carnets Paresseux ici : https://carnetsparesseux.wordpress.com/2021/01/03/en-villes-etrangeres-agenda-ironique-de-janvier/ :
ce mois de janvier, je vous propose de raconter une première semaine en ville. Elle pourra être étrangère (comme toutes les villes qu’on voit pour la première fois), imaginaire, et ça pourra aussi être plusieurs villes, et aussi un projet, un rêve, un souhait, ou même un vrai séjour. Pas de mots imposés, sauf réverbère (parce que j’aime bien la sonorité) et Onésime (pour faire plaisir à Gibulène). La forme ? Sera ce que vous voulez, mais une liste me ravirait, en sept points si possible. Bien sûr, avec une pointe d’agenda et une goutte d’ironie. A part ça, vous avez droit à tout, du feuilleton à l’opéra (ou presque) – sauf peut-être reprendre Daniel Balavoine. Voilà : une ville, une semaine, un réverbère, Onésime, une liste en sept points. C’est tout, ou presque : une fois écrit, faudra pas oublier de venir déposer un lien dans les commentaires de ce billet. La récolte est ouverte jusqu’au 24 janvier (mais les retardataires seront accueillis avec joie). Et puis le vote courra jusqu’au 31, et de là on basculera en février et dans un nouvel agenda.

Onésime refait sa valise, mais cette fois-ci ni bermuda fantaisie ni épuisette… C’est du sérieux : il participe à un grand concours pour gagner une motobylette (c’est plus petit qu’une moto mais plus rapide qu’une mobylette, et surtout, c’est pratique pour aller au travail ! c’est un rationnel Onésime, il a tout pesé !)

La règle est simple : se rendre une semaine en Absurdie (c’est Balavoine qui chante ça se dit-il tout d’abord……… avant de se souvenir que c’était Michel Sardou, le chanteur préféré de sa mémé. Il est distrait Onésime, mais il finit toujours par s’y retrouver ! )

Bon, aller en Absurdie, mais avant faire une liste en points, un par jour de la semaine……… celui qui aura fait le meilleur récit, à lui la motobylette.

Cette liste, à l’arrivée, il lui faudra la fixer sur un vieux mur de pierre éclairé par un réverbère, pour que les autres participants puissent aussi la trouver.

Il galère pour trouver comment s’y rendre ! personne ne connaît…… Enfin, un vieil employé de la seuneuceufeu à l’air allumé (il s’était trompé d’Administration, au départ c’est pour EDF qu’il avait postulé) lui dit qu’il connaissait, et après avoir rédigé son billet à l’ancienne, sur un parchemin parcheminé, lui précisa qu’il devait partir de la gare de la Croix du Roi. Le train serait sur la voie 9 1/2. Normal se dit Onésime qui avait de la culture, la 9 3/4 s’en va à Poudlard.

Restait à établir la liste à l’aide du Routard qui bizarrement avair ajouté récemment Absurdie à sa liste…

Réchéflissons se dit-il en bon dyslexique qu’il était parfois. Il se concentra et établit sa liste ainsi.

Jour 1 – Haut Tel des Voies Âges

Jour 2 – Dupond des sous pires

Jour 3 – Radio-phérique (ancêtre de la télé du même nom)

Jour 4 – Abbé HIE de l’Absurde

Jour 5 – Le Loup, euhhhhhhh non, le Bar à Khuda

Jour 6 – Les Quatre à Combles

Jour 7 – Le Jars Daim Ex-Autique (il ne l’était plus)

Quel endroit zarbi Absurdie ! (ça c’est pour la rime). Bon ben, yapluka comme aurait dit l’ami Carnets Paresseux…….

Voilà Onésime parti…….. trouve le quai 9 1/2 derrière le poteau; le voyage est bref mais nul paysage ne défile, noyé dans un épais brouillard. Il ignore quelle est la direction prise. Au bout de deux heures environ (il n’a pas mis de montre Onésime, il se sent plus libre ainsi) une annonce : « Absurdie, UNE minute d’arrêt-buffet » Vite, le sac. juste le temps de sauter ! OUF !

Chercher le vieux mur de pierre près du réverbère, scotcher un exemplaire de sa liste….. constate qu’ANA est déjà là. Les roues de son fauteuil on laissé des traces sur le gravier, et sa liste est affichée. Il a hâte de le rencontrer -ici ou ailleurs – depuis qu’il a lu ses aventures chez Photonanie.

Parti dès potron-minet, il avait devant lui toute la journée et pouvait ainsi attaquer doucement mais scrupuleusement son programme.

Il sortit le carnet (pas paresseux) qui allait l’accompagner. Il fallait bien tout noter. C’est un appliqué Onésime !

J1 – L’ Haut Tel des Voies Âges : c’était un bâtiment surprenant. L’entrée principale étant au 3ème étage, on y accédait par une échelle métallique, façon Niouyorque. A l’intérieur tout était décalé : lorsque tu descendais un escalier, c’est seulement à reculons que tu pouvais le remonter. Les lustres étaient fixés au sol, et du robinet, côté bleu, sortait du dentifrice. Côté rouge il y avait le savon au safran, et les baignoires de chaque chambre avaient des formes bizarre. La sienne était en forme de sapin de Noël. Il comprit vite que s’il ne restait pas fier et droit comme Bar-Tabac (il y en a qui disent Artaban, mais pas Frédéric Dard. Il a des lettres, Onésime, il a tout lu San-Antonio) l’eau allait se perdre dans les branches…..

Il passa une partie de la journée à explorer et à prendre ses repères. Étrange ville où la baraque à frites ne vendait que des pâtes (pauvre ANA) et où le pain avait un goût de guimauve au beurre salé.

J2 – Le Dupond des sous pires n’était pas pire dessous que dessus, mais posé au milieu d’une rue il n’enjambait rien du tout et aucun amoureux ne pouvait y accéder. On passait juste dessous pour se rendre au pied de la montagne à laquelle Absurdie était adossée.

J3 – Le radio-phérique qui n’était pas sphérique, précisons-le ! Le troisième jour, donc, Onésime passa sans s’attarder sous le Dupond pour y accéder. Il prit son ticket et s’installa, évaluant la distance qui le séparait du sommet. Un haut-parleur diffusait à tue-tête du Balavoine (tiens, curieux se dit-il sans s’étonner davantage).

Arrivé au sommet : pas d’arrêt !!! il aurait dû s’en douter. Tant pis, se dit-il, ce n’est pas la meilleure des journées. C’est un philosophe Onésime, vous le savez ! En redescendant il s’amusa à compter les éléphants qui gambadaient sur les parois escarpées, leurs chaussons roses aux pieds.

J4 – l’Abbé HIE de l’Absurde . C’est sans état d’âme particulier et sans attente spéciale qu’il s’y rendit, poursuivant ses visites. De construction Romane et donc dépouillée, au départ, cette église était vraiment particulière (décidément se dit-il derechef) : les murs étaient recouverts de porcelaine de Limoges aux dorures un peu ébréchées. Le clocher, décoré à la Gaudi, à l’envers était posé. Aucune cloche n’y était rattachée. Le sonneur s’y rendait trois fois par jour en deltaplane afin de rythmer la vie des Administrés……… à l’aide d’un clairon. Onésime ne se fit pas prier (c’est le cas de le dire) pour l’accompagner. La vue d’en haut était à couper le souffle ! c’est ballot car il ne put claironner, ce qui perturba passablement la vie des habitants ce jour là. Onésime se jura d’être plus attentif et moins émotif pour la mission suivante.

J5 – le Bar à Khuda fit l’objet de ce cinquième jour. Il n’avait aucune idée de qui était ce Khuda dont tout le monde parlait. Mais vous vous en doutez, rien de rationnel en ce lieu non plus : les glaçons sortaient du four en flot continu et le réfrigérateur, réglé sur 122°F gardait au chaud quizzas et piches. Les sièges étaient suspendus par des lianes qui les reliaient les uns aux autres, et les boissons servies à la passoire, ce qui prenait un certain temps quand on commandait un Demi. Onésime n’était jamais pressé.. déjà il s’amusait avec une armée de ouistitis qui, de liane en liane, venaient faucher ses cacahuètes.

Cette expédition lui plaisait vraiment beaucoup. Il regrettait seulement que déjà cinq jours se soient écoulés.

J6 – Les Quatre à Combles : ce jour là fut un peu plus compliqué. Les quatre à combles étaient humides et Onésime n’avait pas prévu de cache-nez. C’est un prudent Onésime, il n’aime pas trop mettre sa santé en danger…. Il accéléra donc sa visite, et se prit le pied dans un tibia qui traînait par là….. provoquant une avalanche de tibias qui vinrent se ranger au sol en ordre xylophonique et exécutèrent illico un De Profundis en Sol Majeur. Onésime préférait Metallica…….. Il rentra donc en urgence à l’Haut Tel des Voies Âges, préparer sa valoche puisqu’au terme de sa visite du lendemain il partirait. Il constata que la porte d’entrée avait changé d’étage et s’adapta sans problème.

J7 – le Jars-Daim ex-Autique Le dernier jour commençait, le soleil pointait. Il éteignit le lustre, toujours fixé au sol, se lava les dents côté bleu, prit un bain bien vertical (vous savez pourquoi), s’habilla de printemps, et partit en sifflotant. A l’entrée, il chercha le Jars, puis le Daim, leur demanda l’autorisation officielle et pénétra dans un lieu d’une luxuriance exceptionnelle ! tous ses sens étaient en éveil : l’ouïe, avec le chant des oiseaux trompettes, la vue avec les milliers de fleurs, l’odorat avec ces parfums de vanille et de tubéreuse, le toucher, lorsque la faune locale vint le saluer……. et le goût me direz-vous ? au bout de l’allée, là-bas, un vendeur de Barbapapa ! que du bonheur.

C’est avec un peu de nostalgie qu’il repartit (en marche arrière comme il se doit en Absurdie) et reprit le chemin de la Gare après avoir remisé son cahier bien à l’abri dans la valise. Le réverbère lui servit de repère.

Un long travail de rédaction l’attendait, mais il est appliqué, Onésime, et pour la motobylette il est motivé.

Mais surtout il repart avec des images plein la tête, et c’est ça qui importe.

Quelle surprise, à l’arrivée, de trouver sa porte au rez-de-chaussée !!!

A bientôt Onésime, on croise les doigts pour toi !

Gibulène 04/01/2021

37 commentaires sur “Onésime en Absurdie (A.I. Janvier 2021)

      1. j’ai dit Onésime, j’ai pas dit moi 😀 franchement je ne me sens pas….. après je veux bien être hors concours pour le plaisir de vous faire lire et de vous lire…… mais j’arrive tout juste à publier avec ces nouvelles présentations, alors gérer ça me prendrait trop la tête. Ça ne se voit pas derrière un écran, mais Gibulène elle est pas au top 😀

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  1. Bon jour Hélène,
    Du grand Onésime, quoi qu’on pense ou dise dans cette ville qui tout de suite me fait penser au titre « Des mondes impossibles » de Escher et tout à la fois à la station spatiale ISS dont l’intérieur ressemble à un capharnaüm sans nom mais qui est ordonné selon les instructions bien précises des concepteurs et constructeurs …
    Bref, un excellent parcours de sept jours qui m’a mis (et pas mamie) en joie de traverser les méandres de ces lieux avec des références et jeux de mots dont les effets zygomatiques antérieurs et périphériques de ma modeste personne ont été des marées hautes (à voir, c’est assez étonnant) … 🙂
    En tout cas, je souhaite à Onésime d’être gagnant, il le mérite amplement. 🙂
    Bonne Année.
    Max-Louis

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  2. Merci pour lui Max-Louis ! l’important est qu’il s’amuse et qu’il amuse ses copinautes ! Il est aussi quelque part un peu cabot Onésime, il aime qu’on l’aime 😀 et merci pour la régularité de tes passages ❤

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  3. Il est carrément génial cet Onesime ! Je l’ai lu relu avec un sourire en banane. Ça c’est de l’agenda ironique !
    Bravo à vous deux, Onesime et toi, Hélène 🤙🤙🤙
    PS: en revanche un peu de mal pour retrouver le chemin de ce blog. Chaque fois je retombais sur l’autre au quel je suis abonnée, et dont le dernier billet remonte à mai.

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    1. pour ne pas te perdre dans les dédales il faut un 2 après laglobule dans l’adresse….. Raie que tu t’amuses c’est le but. Je m’y attache bien à mon Onésime. Pour l’anecdote c’était le prénom de la petite souris blanche que j’avais étant adolescente, et je l’avais « piqué » dans une BD où le personnage s’appelait Onésime Patapapier….. comme quoi le subconscient fait ressortir les choses sous des formes bizarres parfois ! c’est un malin Onésime 😉 bisous SOlène

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  4. Bonjour Hélène,
    Il est bien courageux Onésime pour sa semaine en Absurdie!
    Il a mérité sa motocyclette (pourvu qu’elle n’aie pas été fabriquée en Absurdie, c’est tout ce qu’ion lui souhaite! 😉 )
    Bravo pour ta belle performance,
    gros bisous,
    Mo

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    1. Merci pour tes encouragements Mo. Mais soyons précis, ce n’est pas une Motocyclette, qui serait le croisement entre une Moto et une bicyclette, il veut gagner une Motobylette !!! c’est un warrior Onésime, même pas peur. Bisous – Hélène

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  5. Sacré Onésime, le votre a de la ressource et tant mieux ! Ferait bien d’en toucher deux mots à son pote du même nom, coincé chez son auteur depuis le mois de mai je crois. J’dis ça, j’dis rien: j’suis jamais qu’un lecteur des ironiques joyeux !

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    1. désolée de ne pas trouver de site pour aller vous rendre visite et m’enquérir des nouvelles de cet homonyme coincé ! merci du passage en tous cas ! Oui le mien a les ressources de tous les possibles et de l’imaginaire……… tant qu’il reste no limit, il avance 🙂 et bientôt sans moi s’il continue comme ça 😀

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      1. Je suis juste lecteur, de quelques blogs « littéraires » (c’est comme ça qu’on dit?)sans site fixe.
        Je pensais -gentiment- à un Onésime de Carnets paresseux, qui est en vadrouille depuis le printemps.
        🙂

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  6. Oups, Robert et Lyssa se sont emmêlés les pinceaux, provoquant chez leur plume, fan de vos lignes, une insomnie inquiète.
    Du coup, j’en profite pour vous lire plus avant,
    À la recherche de l’Onésime(proustien) perdu…
    🙂

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  7. Chouette des nouvelles de mon pote Onésime 😉
    Tristounet Ana de l’avoir raté. Faut dire qu’avec le fauteuil roulant ça roule…pas vite et pas toujours droit.
    Nous avons dû nous croiser sans nous reconnaître, forcément puisque nous ne nous connaissons pas 😀
    Il est parti Ana mais je ne sais pas encore dans quelle ville, il ne m’a envoyé aucune carte postale, même pas ses vœux pour la nouvelle année le bâtard! J’espère qu’il aura une bonne explication à me fournir quand il reviendra à Hotton.
    Je vais essayer de le joindre sur son portable ou poste restante quelque part dans l’espace.
    En tout cas il a fortement apprécié le récit d’Onésime et ça c’est bon pour son moral.

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  8. Ah quel expédition ! Digne d’un conte surréaliste. J’adore ça ! 🙂
    J’ai beaucoup aimé l’ensemble et les détails savoureux des jeux de mots, jusqu’à l’attitude impassible d’Onésime face à cette aventure.
    Merci Gibulène la balade a été très distrayante 🙂

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