Onésime et les bruits (A.I. de Juin 2020)

sujet 
Pour l’agenda ironique de juin, l’impossible devient possible ! A partir de la citation de Lewis Carroll et des illustrations proposées, imaginez que l’impossible devienne possible.
Petite contrainte supplémentaire : il faudra débuter votre récit avec la phrase d’ E Allan Poe : « L’été, la nuit les bruits sont en fête » et le terminer avec celle de Lewis Carroll (encore lui!) : « Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. »
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L’été, la nuit, les bruits sont en fête…. en cette personne où tout le monde sortait d’un enfermement douloureux, la vie explosait et débordait tel un torrent trop longtemps contenu.

Onésime se vêtit de son plus joyeux costume en ce soir de pleine lune : lunettes fluo, veste à paillettes arc-en-ciel, et bermuda. Point besoin de chaussettes dans ses Sneakers à semelles lumineuses. Le nec plus ultra selon ses propres critères ! Prêt pour la fiesta.

Il se laissa guider par le bruit pour rejoindre la foule démasquée sur la place principale du village transformée en guinguette.

Son arrivée ne passa pas inaperçu. Mais c’est un gentil, Onésime, il ne vit dans ses regards que bonhomie et gentillesse. Il ne capta ni railleries ni condescendance…

Il évolua donc tranquillement, écouta la zique, fit deux ou trois tentatives infructueuses pour engager la conversation, et autant pour inviter des demoiselles qui s’enfuirent en sursautant avec une élégance plus que mesurée.

Puis la migraine arriva. C’est un calme, Onésime, le bruit, il ne supporte pas ! Son besoin de contact social n’étant pas à la hauteur de ses espérances, c’est vers d’autres horizons que, cahin-caha, il se dirigea.

Il avait, le matin même, consulté une cartomancienne aux longs cheveux noirs retenus par un foulard…. elle lui avait dit que ce n’était pas auprès des gens qu’il trouverait un sens à sa vie, mais au cœur même de la nature.

C’est tout naturellement qu’il se dirigea vers la forêt toute proche, loin des flonflons de la fête qui s’atténuaient. Ses Sneakers fluo éclairaient ses pas tels des lucioles.

Un lièvre le salua :

ça va, Onésime ?

Ça roule ma poule répondit-il incongrûment.

Il lui arrivait tant de choses bizarres au contact de la nature, qu’il en était arrivé à penser que fort peu de choses étaient impossibles.

Il devisa donc avec beaucoup de naturel avec les animaux qui croisaient son chemin, les arbres, et même la lune, la félicitant de sa pleine forme

Dans la tiédeur de l’été c’était la vie qu’il écoutait, qu’il avalait goulûment ! Le moindre souffle d’air faisait frémir les feuilles, quelques oiseaux de nuits passaient dans un bruissement d’ailes, et la rivière qui passait à proximité faisait chanter son eau sur les cailloux.

Les poissons argentés devenaient translucides et s’envolaient à tire d’aile, semblables à des vols d’oies sauvages. Peut-être allaient-ils rejoindre Nils Holgersson en Suède ???

Il s’assit sur une souche sèche (!) pour mieux s’imprégner de cette musique que la nature lui offrait. Rien à voir avec la cacophonie des agités du village. C’est un contemplatif, Onésime ! Il était plus que jamais dans le « Ici et Maintenant ».

Une chouette se posa à ses côtés et le dialogue s’engagea. Ils s’en dirent des choses : elle lui raconta les vols de nuit, la vie nocturne de la fôret, la lune et les étoiles…. Lui, n’avait rien de poétique à raconter. Il lui narra l’enfermement, la libération des hommes, le bruit et les excès.

Elle s’étonna de le voir aussi serein et détaché :

N’as-tu pas tenté de communiquer avec tes semblables avant de venir te tapir ici ?

Les hommes sont d’étranges animaux, sais-tu ? Ils ne sont pas dans l’échange et n’écoutent pas… Ils s’écoutent !!!…. Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive !

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Laissons-les à leurs confidences, ces deux là, cela ne nous regarde pas. Je n’ai personnellement jamais parlé à des brouettes, mais il m’arrive de rencontrer des charrettes !

Gibulène 6/6/2020

 

 

 

20 commentaires sur “Onésime et les bruits (A.I. de Juin 2020)

  1. Onésime à l’écoute de la nature se révèle plus proche d’elle que dans la foule en liesse. M’étonne pas qu’il entende les animaux parler, son costume est à l’image des poissons arc-en-ciel ! 🙂
    Merci beaucoup pour cette participation pleine de sagesse, Gibulène.

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  2. Onésime est le genre de personnage qui aime écouter la mélodie des feuilles poussées par la brise dans la tiédeur du soir puis parler à la végétation et aux oiseaux au beau milieu de sa foret dans le concert de la nuit où il y fait bon vivre en paix.
    Et en toute tranquillité.
    Bonne nuit Hélène.

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  3. Tu as tort d’ignorer les brouettes, elles ont des charretées d’histoires hilarantes à raconter. Par contre ce sont des timides, c’est à toi d’engager la conversation sinon elles resteront muettes. Tu peux aussi les promener à vide pour les encourager à plus de confidences…

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    1. Ha, les brouettes parlons-en,
      un fou dans un asile poussait devant lui une brouette pendant plusieurs jours. le surveillant qui l’observait remarqua qu’il roulait la brouette à l’envers, interloqué il lui demande « pourquoi mettre la brouette dans ce sens, ce serait plus facile de la pousser normalement » et là le fou lui répondit « les autres n’ont rien trouvé de mieux que de mettre des pierres dedans, c’est moins lourd comme ça! ».
      Bonne semaine à vous deux. Bises.

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  4. Bonjour Hélène,
    Tu as dressé un portrait original et intéressant. Onésime veut communiquer mais ce n’est pas possible avec les humains. Par magie, il communique avec les animaux et les objets… Tu es bien dans le style de l’agenda ironique, bravo!
    Gros bisous,
    Mo

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  5. Dans les secrets de la nature, Onésime est riche de vie dans sa plus complexe des simplicités…
    Ah, quelle chance a-t-il d’être héritier d’un don aussi merveilleux que celui-là.
    C’est une petite merveille, ce texte, gibulène. Un précieuse perle de calme et d’authenticité.
    Sa lecture nous les communique très bien.
    Merci.

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  6. Bon jour Gibulène,
    « C’est un contemplatif, Onésime !  » j’ai un point commun avec lui 🙂
    A la lecture ce texte, je me pose la question si Onésime est autant humain qu’il ne veut pas nous le faire croire 🙂 Aurait-il ainsi un atavisme ou est-ce un charmeur de la nature ?
    Max-Louis

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